"Vingt-cinq prisonniers ont été hospitalisés, parmi lesquels huit sont décédés par asphyxie et des suites de graves brûlures", a affirmé le général Kamal Fteih, directeur de la police de cette ville du nord-ouest de la Syrie.
"Vers 05H00 (02H00 GMT), un détenu a mis le feu à des matelas et des couvertures dans une aile où sont incarcérés des condamnés pour meurtre et pour trafic de drogue, et dont certains purgent la prison à vie", a-t-il dit.
"Les prisonniers avaient bloqué les portes des cellules avec leurs lits en métal et les secouristes ont dû percer deux trous dans les murs pour pouvoir intervenir", a ajouté le général.
Il a précisé, en outre, que deux policiers ont été blessés par le feu alors qu'ils participaient aux secours.
Principal port de Syrie, situé à 350 km au nord-ouest de Damas, Lattaquié a été touché par des troubles ces deux dernières semaines alors que le pays connaît des manifestations sans précédent en faveur des libertés.
Le chef de l'Etat Bachar al-Assad avait demandé la semaine dernière au président du Conseil supérieur de la magistrature de former une commission pour enquêter "immédiatement sur toutes les questions relatives à la mort de civils et de militaires dans les gouvernorats de Deraa et de Lattaquié".
Il y a dix jours, à Lattaquié, 13 civils et militaires ainsi que deux insurgés avaient été tués et 185 personnes blessées, quand des hommes armés, dont on ignore l'origine, postés sur les toits d'immeubles, ou circulant à bord de voitures et à pied, ont tiré de manière indiscriminée ou ont agressé à l'arme blanche des habitants.
Les autorités ont accusé des intégristes musulmans d'être les auteurs de cette attaque, mais n'ont pas donné pour le moment de détails sur leur nationalité.
Par ailleurs, mercredi, plusieurs manifestants avaient été tués. Le Comité syrien de droits de l'Homme (CSDH), proche des Frères musulmans, avait fait état de 25 morts alors qu'un militant dans la ville a parlé de 4 à 5 morts et de "dizaines de blessés".
Selon lui, les manifestants étaient rentrés chez eux pour écouter un discours du président Assad avant de revenir dans la rue. "Le discours ne leur a pas plu, ils sont descendus en grand nombre et on leur a tiré dessus", avait-il expliqué.
De son côté, la télévision nationale avait fait état de tirs "d'hommes armés", sans donner plus de détails.


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