Le départ à Londres de Moussa Koussa, où il a annoncé qu'il quittait ses fonctions, "témoigne de la manière dont le régime (de Kadhafi) est en train de s'effriter", a déclaré devant des journalistes Moustapha Gheriani, dans le fief des insurgés à Benghazi (est).
"Il était l'un des principaux lieutenants (du régime), le colonel Kadhafi avait vraiment confiance en lui", a-t-il ajouté.
Le service de communications des rebelles a publié par ailleurs un communiqué jeudi indiquant que la défection de M. Koussa était un "coup important" porté "au tyran".
"D'autres personnalités du gouvernement libyen attendent pour s'envoler vers les capitales européennes, dont le chef actuel des renseignements, le ministre du Pétrole, le secrétaire du Congrès général du peuple et un vice-ministre des Affaires étrangères", a affirmé la rébellion.
M. Gheriani a en outre estimé que les bombardements américains et européens rendaient la situation intenable pour le régime de Kadhafi.
"Il n'a plus d'espèces", a-t-il assuré.
Il a expliqué avoir vu des gens arriver de Tripoli, qui tentaient d'utiliser de la monnaie périmée à cause de la pénurie de cash dans la capitale.
Selon lui, les prix des aliments de base se sont envolés à Tripoli.
"Les gens ici (à Benghazi) paient 7 dinars (environ 5 dollars) pour un sac de farine. Ils paient 70 dinars le sac à Tripoli", a-t-il dit.
Dans sa première réaction à la démission de Moussa Koussa, le régime du colonel Kadhafi a affirmé jeudi qu'il "ne dépendait pas d'individus", sans confirmer cependant explicitement cette défection.
Le chef de la diplomatie libyenne est arrivé mercredi à Londres. Le Foreign Office a annoncé que M. Moussa démissionnait et qu'il avait "voyagé de son plein gré".


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