"Il y a une forme de donnant-donnant qui se négocie entre ces deux positions" lors du sommet des dirigeants européens à Bruxelles, a indiqué une source diplomatique.
Pour la chancelière allemande Angela Merkel, un durcissement des sanctions dans le secteur clé de l'énergie est décisif pour chasser le colonel Mouammar Kadhafi du pouvoir.
"J'ai très à coeur que nous parvenions, du côté de l'Union européenne, à un embargo pétrolier total" contre la Libye, a déclaré Mme Merkel à son arrivée au sommet européen.
Quelques heures auparavant, devant le Parlement allemand, elle avait indiqué vouloir au cours du sommet s'engager "en faveur d'un embargo pétrolier complet et d'importantes restrictions commerciales à l'encontre de la Libye".
L'UE a déjà pris plusieurs séries de sanctions contre Mouammar Kadhafi, dont un dernier train est entré en vigueur jeudi. Il vise en particulier la principale société pétrolière libyenne, la National Oil Corporation, et cinq filiales.
Selon une source diplomatique, l'insistance du gouvernement allemand en faveur de sanctions renforcées est aussi à usage interne. Mme Merkel, critiquée pour son refus de participer à l'intervention militaire, cherche à montrer qu'elle n'en reste pas moins active pour pousser le colonel Kadhafi vers la sortie.
Mais d'autres capitales européennes sont réservées quant à un embargo pétrolier total. "L'Allemagne n'a pratiquement pas d'intérêt économique en Libye, d'autres capitales si", dit la source, en référence à l'Italie.
La France, elle, souhaite que les dirigeants européens reconnaissent plus franchement les représentants de la rébellion libyenne au sein du Conseil national de transition (CNT).
L'UE s'est bornée jusqu'ici à parler d'un "interlocuteur politique" à propos du CNT alors que Paris a franchi le pas pas en le considérant comme un interlocuteur "légitime".
Pour l'instant, du point de vue européen, "le CNT est un interlocuteur politique", souligne une source proche de la présidence française. "Est-ce que nous pouvons aller un peu plus loin lors du sommet? On le verra", ajoute-t-elle.


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