"Si les Tunisiens l'ont fait, les Egyptiens devraient y arriver", a répondu l'ancien directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), interrogé sur une éventuelle contagion à l'Egypte de la "Révolution du jasmin" tunisienne.
L'Egypte est en proie à des difficultés économiques et sociales comparables à celles qui ont entraîné un mouvement de contestation populaire sans précédent en Tunisie, chassant le président Zine El Abidine Ben Ali après 23 ans au pouvoir, et plusieurs tentatives d'immolations par le feu, semblables à celle qui ont lancé la mobilisation populaire en Tunisie, y ont déjà été enregistrées.
Toutefois, M. ElBaradei relève des différences importantes entre les deux pays.
En Egypte, le mécontentement porte avant tout sur "les besoins fondamentaux", dans un pays où "plus de 40% de la population gagne moins d'un dollar" par jour, alors que la Tunisie dispose "d'une classe moyenne importante". "Ce qui nous guette, c'est une révolte des pauvres et des frustrés", ajoute M. ElBaradei.
Le prix Nobel de la Paix 2005 affirme soutenir la journée d'action nationale organisée mardi prochain par l'opposition égyptienne, même s'il n'y participera pas.
"Je ne veux pas leur voler leur succès", assure-t-il, ajoutant espérer que "les manifestations ne vont pas dégénérer".
M. ElBaradei demande au président égyptien Hosni Moubarak de "renoncer à se représenter" pour un nouveau mandat en septembre, à réformer la Constitution pour "qu'elle permette l'organisation d'élections libres" et à lever l'état d'urgence en vigueur depuis son arrivée au pouvoir il y a 29 ans.
Le président Moubarak, 82 ans, n'a pas encore fait savoir personnellement s'il se présenterait cette année, mais son entourage assure qu'il briguera un nouveau mandat.
M. ElBaradei est prêt en principe à poser sa candidature à la présidentielle à condition que les "élections soient libres et justes", a-t-il indiqué.


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