"La Commission travaille de concert avec la BCE et le FMI et bien entendu les autorités irlandaises en vue de résoudre les graves problèmes du secteur bancaire irlandais", a déclaré le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, en arrivant à la réunion des grands argentiers de l'Union monétaire.
"Je m'attends à ce que l'Eurogroupe soutienne ce projet", a-t-il ajouté.
La réunion des ministres de la zone euro, qui devait débuter vers 17H00 (16H00 GMT) à Bruxelles, intervient dans un contexte très sensible.
La situation des banques irlandaises et l'ampleur du déficit public national suscitent des inquiétudes croissantes sur les marchés financiers. Ces préoccupations ont fait spectaculairement grimper les taux d'intérêt des emprunts d'Etat irlandais et font craindre un effet de contagion au reste de l'Union monétaire.
"Nous devons tous travailler de concert afin de permettre à la zone euro de survivre. Car si la zone euro ne survit pas, l'Union européenne ne survivra pas non plus", n'a pas hésité à dire mardi le président de l'UE Herman Van Rompuy, sans faire toutefois directement allusion à la situation actuelle.
M. Rehn a appelé, lui, à ne pas céder à "l'alarmisme". "Ce n'est pas une question de survie de l'euro, il s'agit d'un très grave problème du secteur bancaire irlandais", a-t-il dit.
Il a par ailleurs laissé entendre qu'il n'était pas envisagé à ce stade d'apporter une aide budgétaire à l'Irlande, pour l'aider à faire face à ses échéances de remboursement ou emprunter des fonds.
"La dette souveraine irlandaise est bien financée jusqu'au milieu de l'année prochaine", a-t-il dit. "Les vrais problèmes sont situés dans le secteur bancaire irlandais", a-t-il souligné.
Le gouvernement irlandais refuse pour le moment une aide financière globale, car il juge avoir de quoi se refinancer pour ses déficits et veut éviter une intervention extérieure qui risquerait d'être vécue comme une perte intolérable de souveraineté.
Selon le quotidien The Irish Independent, son ministre des Finances, Brian Lenihan, devrait accepter l'injection d'une aide européenne directement dans les banques du pays, "pour stabiliser l'euro et apaiser les marchés".
"Je pars du principe que le gouvernement irlandais sait ce dont il veut nous parler et nous sommes préparés à en discuter", a déclaré de son côté le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble.
"Si l'Irlande a besoin d'aide, nous serons là bien sûr", a jugé son homologue française Christine Lagarde, "mais l'Irlande n'a pas demandé d'aide", à ce stade.
La Banque centrale européenne pousse pour un plan d'action rapide pour l'Irlande car elle redoute de graves répercussions sur le marché des emprunts d'Etat, selon des sources diplomatiques.
Les inquiétudes sont par ailleurs vives concernant une possible contagion de la crise irlandaise à des pays comme le Portugal, la Grèce ou l'Espagne, dont les taux d'emprunt à long terme ont également flambé la semaine dernière.
Le ministre portugais des Finances, Fernando Teixeira dos Santos, a parlé d'un risque "élevé" que son pays doive aussi faire appel à l'aide de l'Europe.
"Nous ne faisons pas face au problème d'un seul pays. C'est le problème de la Grèce, du Portugal et de l'Irlande", a-t-il dit.
La ministre espagnole de l'Economie, Elena Salgado, a quant à elle assuré mardi qu'il n'y avait "aucune raison" que son pays soit affecté par la situation de l'Irlande et du Portugal.


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