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Londres doit annoncer des indemnités pour d'ex-détenus de Guantanamo

Le gouvernement britannique devait annoncer mardi le versement de dommages et intérêts à une dizaine d'ex-prisonniers qui ont accusé les forces de sécurité britanniques de complicité de torture et dont la plupart ont été détenus à la prison américaine de Guantanamo. Ces anciens prisonniers sont tous des ressortissants ou des résidents britanniques. Parmi eux, figurerait l'Ethiopien Binyam Mohamed, détenu à Guantanamo pendant plus de quatre ans avant d'être transféré en 2009 en Grande-Bretagne, où il a le statut de résident. Selon la presse, au moins l'un des ex-prisonniers devrait toucher plus d'un million de livres (1,2 million d'euros ou 1,6 million de dollars). Le versement des indemnités devait être annoncé mardi par le ministre britannique de la Justice Ken Clarke, selon les services du Premier ministre David Cameron. Cet accord aurait été conclu après des semaines de négociations entre des avocats représentant les anciens prisonniers et les autorités britanniques, et après une longue bataille judiciaire, certains des ex-détenus ayant engagé une procédure judiciaire contre le gouvernement. En février, la justice britannique avait publié des informations secrètes prouvant que Binyam Mohamed avait été victime d'un traitement "cruel, inhumain et dégradant" lors de ses interrogatoires par des agents américains. Ces informations avaient été révélées malgré les mises en garde de ministres britanniques contre le risque de porter atteinte aux relations entre Londres et Washington. En juillet, la haute cour britannique avait ordonné la publication, lors d'une audience judiciaire, de milliers de documents secrets relatifs aux cas de plusieurs ex-prisonniers. Pour éviter de prendre le risque que ces informations ne soient dévoilées, le gouvernement britannique aurait choisi de verser des indemnités, selon The Guardian. Dans la foulée de la décision de la haute cour, le Premier ministre David Cameron avait annoncé l'ouverture d'une enquête sur les accusations de complicité de torture des forces britanniques à l'étranger après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis. Il avait estimé que dans les cas "appropriés", des compensations devraient être proposées aux personnes qui ont engagé des actions en justice pour leur mauvais traitement. "Même s'il n'y a pas de preuve que des responsables britanniques ont été directement impliqués dans des actes de torture à la suite du 11-Septembre, des questions subsistent sur le degré de collaboration entre des responsables britanniques et des services de sécurité étrangers, qui traitaient des détenus d'une manière qu'ils n'auraient pas dû", avait-il ajouté. Interrogé sur l'annonce imminente d'un accord, Shami Chakrabarti, responsable de l'organisation britannique de défense des libertés civiles Liberty, a estimé mardi que ces dommages et intérêts n'étaient "pas très acceptables". "Mais il y a un prix à payer pour (...) la torture commise au nom de la liberté", a-t-elle ajouté. "Il y a des victimes de torture qui ont le droit d'attendre la protection de leur pays". Fin octobre, le chef des services secrets britanniques, John Sawers, avait reconnu que ses agents étaient constamment confrontés au "dilemme" du recours à la torture, sans jamais cependant céder à la tentation d'y recourir. Dans ses mémoires publiés la semaine dernière, l'ancien président américain George W. Bush avait avoué avoir donné l'ordre de faire parler des détenus au moyen de la simulation de noyade.
Le gouvernement britannique devait annoncer mardi le versement de dommages et intérêts à une dizaine d'ex-prisonniers qui ont accusé les forces de sécurité britanniques de complicité de torture et dont la plupart ont été détenus à la prison américaine de Guantanamo. Ces anciens prisonniers sont tous des ressortissants ou des résidents britanniques. Parmi eux, figurerait l'Ethiopien Binyam Mohamed, détenu à Guantanamo pendant plus de quatre ans avant d'être transféré en 2009 en Grande-Bretagne, où il a le statut de résident. Selon la presse, au moins l'un des ex-prisonniers devrait toucher plus d'un million de livres (1,2 million d'euros ou 1,6 million de dollars). Le versement des indemnités...