Dix-huit hommes - dix partisans d'un candidat et huit fonctionnaires de la Commission électorale - ont été enlevés par des hommes armés dans la nuit de jeudi à vendredi dans le district de Muqur (province de Badghis), a déclaré à l'AFP Abdul Rahman, chef de la commission électorale provinciale, en accusant les talibans.
Le gouverneur du district local, Mohammad Shah Hanzala, a confirmé les enlèvements et ajouté que les 18 personnes avaient été emmenées dans le district de Bala Murghab, zone contrôlée par les talibans dans la même province du nord-ouest.
Parallèlement, un candidat aux législatives, Abdul Rahman Hayat, a été kidnappé dans la province du Laghman (est). Il a été enlevé à 07H00 (02H30 GMT) dans le district d'Alishing.
"Je ne sais pas ce qu'il y faisait mais je confirme qu'il a été enlevé", a dit Abdul Rahman Muhabat, responsable provincial de la Commission électorale indépendante.
Un porte-parole régulier du commandement des talibans, Zabihullah Mujahid, a revendiqué auprès de l'AFP l'enlèvement du candidat.
Les talibans avaient menacé de lancer des attaques lors du scrutin de samedi et de viser en priorité les forces de sécurité et le personnel travaillant à l'organisation des élections.
"Toutes les routes menant aux bureaux de vote vont être attaquées et les forces de sécurité et les personnes travaillant à l'organisation des élections seront nos cibles premières", avait déclaré Zabihullah Mujahid.
La campagne électorale a été marquée par une campagne d'intimidation des candidats. Au moins trois d'entre eux ont été assassinés et des dizaines d'attaques ont été perpétrées contre leurs partisans durant les semaines précédant le scrutin.
Selon la représentation de l'ONU à Kaboul, deux employés de la Commission électorale indépendante ont été tués mercredi dans la province de Balkh (nord).
Plus de 10,5 millions d'Afghans sont appelés samedi aux urnes pour élire les 249 députés de l'Assemblée nationale (Wolesi Jirga).
Ce scrutin législatif - le second depuis la chute des talibans - intervient un an après une présidentielle entachée de fraudes massives, qui avait terni l'image du président réélu Hamid Karzaï. Les résultats définitifs du scrutin sont attendus le 31 octobre.
La future composition de cette Assemblée nationale ne changera pas fondamentalement la donne dans un pays où le président concentre l'essentiel des pouvoirs et ne peut se maintenir sans la présence des quelque 150.000 soldats des forces internationales.
"Le scrutin ne sera pas parfait mais, au vu des précautions prises par le gouvernement, je suis certain que ces élections se dérouleront mieux que celles de l'an dernier", a estimé Staffan de Mistura, représentant spécial de l'ONU en Afghanistan.
Un responsable de la Commission des plaintes électorales (ECC), l'organisme chargé d'enquêter sur les éventuelles irrégularités, a pourtant déjà prévenu: "Il y aura de nombreuses fraudes à ce scrutin et aux scrutins qui, si Dieu le veut, suivront", a déclaré le juge sud-africain Johann Kriegler, un de ses deux membres étrangers.
Durant les jours précédant le scrutin, plusieurs milliers de fausses cartes d'électeurs ont été saisies à Kaboul et dans les provinces de Ghazni et de Ghor, selon un responsable des services secrets afghans.
De hauts responsables américains ont toutefois affirmé que le scrutin de samedi se déroulerait "mieux" que la présidentielle de 2009.


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