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Soudan/élections : les résultats définitifs tardent à venir

La commission électorale soudanaise (NEC) a indiqué lundi ne pas avoir de date précise pour l'annonce des résultats des élections nationales, un scrutin en marge des "normes internationales" selon des observateurs et qui devrait reconduire au pouvoir le président Béchir.

"Nous ne pouvons pas établir une date précise où nous pourrons annoncer tous les résultats parce qu'il s'agit (le décompte) d'un processus complexe et très important", a dit à l'AFP al-Hadi Mohammed Ahmed, chef du comité technique de la NEC.

Quelque 16 millions de Soudanais ont été appelés aux urnes du 11 au 15 avril pour les premières élections multipartites depuis 1986 dans le plus grand pays d'Afrique, dirigé par Omar el-Béchir, auteur d'un coup d'Etat militaire soutenu par les islamistes en 1989.

La NEC avait indiqué être en mesure de fournir les résultats le mardi 20 avril, puis avait suggéré d'autres dates. "Nous espérions dévoiler les résultats complets le 21 avril, mais nous ne serons pas en mesure de le faire", a ajouté le responsable.

La commission électorale dévoile chaque jour depuis ce week-end des bribes de résultats pour les législatives nationales, alors que l'agence de presse nationale Suna a publié des résultats de la présidentielle dans plusieurs dizaines de bureaux de vote, sur la dizaine de milliers que compte le pays.

Le président Béchir domine ces premiers résultats basés sur moins de 1% de l'ensemble des bureaux de vote, et de surcroît dans des régions du Nord-Soudan qui lui sont acquises.

Mais quelques résultats sont néanmoins surprenants, comme ceux à la prison de Kober de Khartoum-Nord -qui compte notamment des prisonniers politiques-, où le président soudanais a obtenu 851 des 1.234 voix exprimées, soit 69%.

La victoire à venir d'Omar el-Béchir ne fait pas l'ombre d'un doute depuis le retrait de ses deux principaux rivaux, Yasser Arman, musulman laïque originaire du Nord-Soudan mais défendant les couleurs des ex-rebelles sudistes du SPLM, et Sadek al-Mahdi du parti Umma (nationaliste).

MM. Arman et Mahdi ainsi qu'une grande partie de l'opposition soudanaise ont accusé le Parti du congrès national (NCP) du président Béchir d'avoir bourré les urnes afin de s'assurer une victoire haut la main et ainsi faire un pied de nez à la Cour pénale internationale (CPI), qui l'accuse de crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour (ouest).

"Ce qui s'est produit est une honte parce que c'est la première fois dans l'histoire du Soudan qu'une élection est si massivement truquée", a déclaré Mubarak al-Fadil, un des ténors de l'opposition.

La mission d'observation de l'UE et la Fondation Carter ont souligné samedi que le scrutin n'avait pas satisfait aux "normes internationales", notant des problèmes politiques (intimidation, respect des libertés fondamentales) mais aussi techniques.

Ces problèmes techniques avaient conduit au prolongement du scrutin de trois à cinq jours et ont entraîné un report du vote pour les législatives dans 6% des circonscriptions.

Pour leur part, l'Union africaine et la Ligue arabe ont salué le scrutin.

Avant d'annoncer les résultats finaux, la commission électorale doit en principe s'assurer que les urnes ont été transportées des villages aux capitales des 25 Etats d'un pays de 2,5 millions de km2 -soit près de cinq fois la France-, alors que plusieurs régions du Sud-Soudan ne comptent pas de routes bitumées.

La commission électorale soudanaise (NEC) a indiqué lundi ne pas avoir de date précise pour l'annonce des résultats des élections nationales, un scrutin en marge des "normes internationales" selon des observateurs et qui devrait reconduire au pouvoir le président Béchir.
"Nous ne pouvons pas établir une date précise où nous pourrons annoncer tous les résultats parce qu'il s'agit (le décompte) d'un processus complexe et très important", a dit à l'AFP al-Hadi Mohammed Ahmed, chef du comité technique de la NEC.
Quelque 16 millions de Soudanais ont été appelés aux urnes du 11 au 15 avril pour les premières élections multipartites depuis 1986 dans le plus grand pays d'Afrique, dirigé par Omar...