Rechercher
Rechercher

Dernières Infos

Des Irakiens anxieux attendent les résultats des élections législatives

Les Irakiens attendaient dans la fébrilité les résultats des législatives du 7 mars, prévus pour vendredi et qui s'annoncent très serrés entre les principaux rivaux, faisant craindre l'émergence d'une crise politique.

La commission électorale doit annoncer vendredi l'ensemble des résultats lors d'une conférence de presse, trois semaines après la tenue du scrutin, une période propice à de multiples accusations de fraudes.

Le Premier ministre sortant, Nouri al-Maliki, aux prises avec son rival laïque Iyad Allawi, a dernièrement appelé à un nouveau décompte des votes, une mesure rejetée par la commission qui a jugé les accusations non fondées.

Si la liste de l'Alliance de l'Etat de droit (AED) dirigée par le Premier ministre refuse de reconnaître les résultats au motif qu'ils seraient entachés d'irrégularités, le pays pourrait plonger dans une grave crise politique.

Jeudi, dans les rues de Bagdad, la tension était palpable et la plupart des discussions tournaient autour des élections, révélant les craintes de nombreux Irakiens quant à un retour des violences en cas de confrontation politique.

"Tout le monde ne parle que des élections. On dit que les forces en présence sont en train de rassembler leurs rangs pour une confrontation, qu'il va y avoir de nouvelles violences", a affirmé Abdel Jalili, un retraité de 55 ans interrogé sur la place Tahrir, l'une des plus grandes de la capitale.

"Je ne pense pas que nous allons assister à une transition pacifique du pouvoir", a-t-il ajouté.

"Les gens ont peur que les perdants refusent d'accepter la défaite et provoquent des violences", a renchéri Kamel Moutlak, un policier de 25 ans affecté à la circulation. "Et au final, c'est tous les Irakiens qui seront perdants", a-t-il ajouté.

Le camp Maliki organise depuis plusieurs jours des manifestations dans les provinces chiites du sud pour exiger un nouveau décompte des voix. Les chefs de dix conseils provinciaux élus en 2009 sur la liste du Premier ministre ont publié un communiqué au ton menaçant sur de futures actions si la commission électorale refusait de répondre à leurs demandes.

"Il est normal de voir aujourd'hui des tensions car le processus (électoral) ne se déroule pas normalement. Nous avons des informations venant de la commission sur l'existence de fraudes", a répété Ali al-Adib, un candidat de l'AED.

"La formation du gouvernement va être compliquée et même retardée", a-t-il prédit.

M. Maliki, lui-même, a agité dimanche l'épouvantail des violences et défendu l'idée d'un nouveau décompte pour "empêcher une dégradation de la sécurité et un retour à la violence".

Pour la liste d'Iyad Allawi, la liste de M. Maliki veut semer la zizanie. "Certains au sein de l'Alliance de l'Etat de droit tentent de répandre le chaos dans les rues irakiennes", s'est insurgé Haydar al-Moulla, un porte-parole de la liste de l'ancien Premier ministre laïque.

Les deux rivaux sont au coude au coude dans la course aux législatives et mènent parallèlement des tractations pour tenter de former des alliances en vue de la formation du prochain cabinet, qui aura pour mission de gérer le retrait américain du pays.

Des calculs de l'AFP, basés sur le dépouillement de 95% des bulletins, montrent que les deux listes obtiendraient pour le moment le même nombre de sièges (91).

Il reste toutefois 47% des votes de l'étranger à intégrer dans les décomptes, ce qui pourrait faire pencher la balance. De manière générale, les électeurs vivant à l'étranger, surtout les sunnites ayant fui après la chute de Saddam Hussein en 2003, semblent plutôt acquis à M. Allawi.

Les Irakiens attendaient dans la fébrilité les résultats des législatives du 7 mars, prévus pour vendredi et qui s'annoncent très serrés entre les principaux rivaux, faisant craindre l'émergence d'une crise politique.
La commission électorale doit annoncer vendredi l'ensemble des résultats lors d'une conférence de presse, trois semaines après la tenue du scrutin, une période propice à de multiples accusations de fraudes.
Le Premier ministre sortant, Nouri al-Maliki, aux prises avec son rival laïque Iyad Allawi, a dernièrement appelé à un nouveau décompte des votes, une mesure rejetée par la commission qui a jugé les accusations non fondées.
Si la liste de l'Alliance de l'Etat de droit...