La Russie a accusé jeudi les Etats-Unis d'avoir freiné les négociations sur le désarmement nucléaire, qui devaient aboutir avant la fin de l'année et consacrer la relance des relations russo-américaines sous l'administration Barack Obama.
"Au cours des deux, trois derniers jours, nous avons constaté que la délégation américaine freinait les négociations à Genève", a déclaré le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, à l'issue d'un entretien avec son homologue néo-zélandais Murray Mac Cully.
"Ils invoquent la nécessité d'obtenir des instructions supplémentaires", a ajouté M. Lavrov, observant que "plusieurs contacts" avaient eu lieu mercredi entre Moscou et Washington.
Un responsable américain avait annoncé mercredi que les Etats-Unis et la Russie ne parviendraient pas à un accord d'ici à la fin décembre pour remplacer START 1, traité de réduction des armes stratégiques conclu en 1991, à la fin de la guerre froide, et arrivé à échéance le 5 décembre.
Les discussions en cours à Genève "vont aller jusqu'à Noël (puis) s'interrompront pour les fêtes et reprendront en janvier", a précisé ce responsable.
Les présidents russe et américain, Dmitri Medvedev et Barack Obama, avaient pourtant chargé leurs délégations qui négocient depuis plus de six mois de trouver un nouvel accord avant la date butoir, mais les négociations se sont avérées plus difficiles que prévu.
Lors du sommet Obama-Medvedev en juillet à Moscou, deux objectifs ont été fixés: abaisser dans une fourchette de 1.500 à 1.675 le nombre de têtes nucléaires (contre 2.200 actuellement) et de 500 à 1.100 le nombre de vecteurs.
Ces derniers jours, les deux parties n'ont cessé de dire qu'elles étaient très proches d'un accord et les spéculations allaient bon train sur une possible signature à l'occasion de la venue de M. Obama à Copenhague pour la conférence sur le climat.
Mais à en croire une source russe informée, citée par l'agence Interfax, "il y a une telle quantité de détails à régler qu'il est matériellement impossible de conclure un accord avant la fin de l'année".
Le traité sera signé "selon toute vraisemblance en janvier", avance cette source non identifiée.
Interrogé par l'AFP, un responsable au Kremlin a refusé d'indiquer quand le nouvel accord serait signé, soulignant seulement qu'il était "pratiquement prêt" mais n'avait pu être signé dans les délais pour des questions "d'organisation".
Alors que la Russie accuse les Etats-Unis, des experts affirment que c'est Moscou qui aurait délibérement fait traîner les pourparlers.
"S'il y avait une volonté politique, l'accord pourrait être signé à n'importe quel moment", a déclaré à l'AFP l'analyste indépendant Alexandre Golts.
"Pour la Russie, il est important que ces négociations s'éternisent", dit-il, observant que le Kremlin apprécie d'être sous les projecteurs, compte tenu de l'importance suscitée par ce dossier: "Nous aimons faire la grimace", constate M. Golts.
Selon une source diplomatique citée par l'édition russe de Newsweek, M. Medvedev souhaitait qu'un nouveau traité soit conclu avant l'échéance du 5 décembre, mais son puissant Premier ministre, Vladimir Poutine, l'a convaincu de "ne pas se presser".
Les Etats-Unis auraient insisté pour que la signature d'un nouvel accord intervienne avant la remise du prix Nobel de la Paix à Barack Obama le 10 décembre à Oslo, selon Newsweek.
Mais "c'était une erreur tactique", a confié au magazine un diplomate de haut rang, car "à Moscou, cette sollicitation a été considérée comme une manifestation de faiblesse: cela voulait dire qu'Obama avait besoin de quelque chose, qu'on pouvait donc faire pression sur lui et obtenir des concessions".
"Au cours des deux, trois derniers jours, nous avons constaté que la délégation américaine freinait les négociations à Genève", a déclaré le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, à l'issue d'un entretien avec son homologue néo-zélandais Murray Mac Cully.
"Ils invoquent la nécessité d'obtenir des instructions supplémentaires", a ajouté M. Lavrov, observant que "plusieurs contacts" avaient eu lieu mercredi entre Moscou et...


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