Rechercher
Rechercher

Jeux 2009 : Actualités

Jeux de la Francophonie - Lecture de nouvelles dans l'intimité

L'épreuve de Littérature des jeux de la Francophonie se déroule dans l'intimité feutrée de l'Université Saint-Joseph de Beyrouth: les candidats livrent leur nouvelle devant un public clairsemé avant de répondre aux interrogations du jury.

La clameur du stade est bien loin. Ici, la proximité est palpable. A peine une trentaine de spectateurs perdus dans un amphithéâtre. Les candidats-adversaires occupent la majorité écrasante des places.

Le premier auteur est absent ? Un membre du jury sort son téléphone. Augustin Cupsa répond qu'il est occupé par son cabinet de médecin-psychiatre à Bucarest. "Le règlement n'impose pas la présence physique du candidat", rappelle le président du jury, l'écrivain libanais Alexandre Najjar.

Les états d'âme d'un empileur de briques, thème de la nouvelle (10 pages, 15.000 signes maximum) de Cupsa, s'égarent au gré de l'interprétation d'une jeune Libanaise venue sur la scène. "Nous jugeons le texte, pas la lecture", souligne le président.

Cette règle du jeu est caduque dès la troisième candidate. Une jeune Gabonaise de... 13 ans, Rumba Moudounga Imoni, collégienne en classe de 5e, stupéfie l'auditoire par la maturité de son manuscrit centré sur l'égalité des droits des enfants, sa lecture rythmée et son sens de la répartie face aux interrogations du jury.

Le problème de la sélection des oeuvres

---------------------------------------

Si jeune et déjà auteur ? s'enquiert-on. "Mes professeurs de Français disent que j'ai du talent. Mes parents approuvent ce que je fais", répond-t-elle. "Vous êtes la voix de la Francophonie", s'enthousiasme le poète sénégalais Amadou Lamine Sall, l'un des cinq jurés.

"Je pense que je vais gagner une médaille", lâche l'effontée au micro de la télévision gabonaise.

La concurrence est relevée. La Québécoise Valérie Forgues a ciselé un texte noir sur l'absence de l'autre et la psychose de l'enfermement.

Après la pause jus d'orange-petits gâteaux, le Suisse Michael Perruchoud se penche avec "Renaissance" sur "les bonnes volontés qui ne se comprennent pas"; un village des Balkans recroquevillé autour de 9 habitants, et que de bonnes âmes ont décidé d'investir. Incompréhension totale entre les deux parties.

"Nous avons beaucoup de très bons textes", souligne la romancière et journaliste malgache Michèle Rakotoson, membre du jury. "La sélection est faite par des Etats et non par des professionnels, c'est un problème, coupe la Française Valérie Baran, directrice d'un théâtre à Paris. Et nous avons de la chance d'avoir de très bonnes productions, ce qui n'est pas le cas dans toutes les disciplines culturelles".

La séance de lecture achevée, le jury affine son jugement. Avant de se retrouver pour une dernière séance, puis la délibération et la proclamation des résultats samedi. "On verra avec les organisateurs où ce sera", lance Alexandre Najjar. Une incertitude de plus pour les 17 candidats en course pour une médaille en littérature.

 

L'épreuve de Littérature des jeux de la Francophonie se déroule dans l'intimité feutrée de l'Université Saint-Joseph de Beyrouth: les candidats livrent leur nouvelle devant un public clairsemé avant de répondre aux interrogations du jury.
La clameur du stade est bien loin. Ici, la proximité est palpable. A peine une trentaine de spectateurs perdus dans un amphithéâtre. Les candidats-adversaires occupent la majorité écrasante des places.
Le premier auteur est absent ? Un membre du jury sort son téléphone. Augustin Cupsa répond qu'il est occupé par son cabinet de médecin-psychiatre à Bucarest. "Le règlement n'impose pas la présence physique du candidat", rappelle le président du jury,...