Le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman achève mercredi à Bogota une tournée sud-américaine officiellement destinée à contrer l'influence de l'Iran dans ce continent, aux rapports peu conflictuels avec le Proche et le Moyen-Orient.
"Nous pensons qu'Israël doit être de plus en plus actif sur ce continent", a déclaré M. Lieberman à la presse mardi à Bogota, avant de se féliciter des "liens étroits" entre la Colombie et Israël, tous deux confrontés au "terrorisme".
Interrogé sur l'éventuelle présence du mouvement chiite libanais Hezbollah en Colombie, il a indiqué qu'il ne voulait pas "s'ingérer dans les problèmes relatifs à l'Amérique du Sud", sans évoquer non plus l'Iran, contre lequel il avait souhaité, la veille à Lima, que de "lourdes sanctions" soient prises pour l'inciter à arrêter son programme nucléaire.
La tournée de M. Lieberman en Amérique du Sud est destinée à répondre "à l'activité croissante de l'Iran" dans la région, avait annoncé avant son départ le ministère israélien des Affaires étrangères, après avoir affirmé, en mai, que le Venezuela et la Bolivie apportaient leur aide au programme nucléaire iranien.
Avec la Colombie, les échanges israéliens sont déjà nombreux dans le domaine de la lutte contre les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, guérilla marxiste), notamment en matière de renseignement et de contre-espionnage.
M. Lieberman a souhaité mardi que ces liens se renforcent, en particulier au niveau commercial.
Avant Bogota, M. Lieberman était passé par le Pérou, l'Argentine - pays hébergeant la plus grande communauté juive d'Amérique du Sud - et le Brésil, géant régional.
A Brasilia, il a souligné que le Brésil pourrait, vu sa position, tenter de convaincre les Iraniens de mettre un terme à leur programme nucléaire", alors que le président Luiz Inacio Lula da Silva avait très vite reconnu la victoire contestée du président Mahmoud Ahmadinejad aux élections du 12 juin.
La visite du chef de la diplomatie israélienne doit être vue dans le contexte de la bataille qui s'annonce aux Nations unies en septembre pour exiger du régime iranien qu'il renonce à son programme nucléaire, selon une source diplomatique interrogée à Bogota.
Dans cette perspective, M. Lieberman chercherait à rallier des soutiens, alors que dans la région, les appuis au régime iranien se renforcent, estime ce spécialiste.
Le 25 juin, l'Alliance bolivarienne pour les Amériques (Alba), bloc antilibéral créé par Cuba et le Venezuela pour contrecarrer le projet d'une zone de libre-échange des Amériques et rejoint notamment par la Bolivie, le Nicaragua et l'Equateur, avait "apporté son soutien à la révolution islamique en Iran" lors de son sixième sommet.
Le président vénézuélien Hugo Chavez est aussi l'un des rares dirigeants à soutenir le programme nucléaire iranien.
Caracas et Téhéran, tous deux membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), ont signé plus d'une trentaine d'accords de coopération.
Côté équatorien, a aussi rappelé le diplomate, Rafael Correa a trouvé auprès de l'Iran une source de financements, alors que ses liquidités s'épuisent suite à la chute des cours de l'or noir.
Le président socialiste équatorien, qui s'est rendu en Iran en décembre 2008, a d'ailleurs annoncé qu'il souhaitait acheter des armes à ce pays, déjà engagé en Equateur notamment dans la construction de deux centrales électriques.
"Nous pensons qu'Israël doit être de plus en plus actif sur ce continent", a déclaré M. Lieberman à la presse mardi à Bogota, avant de se féliciter des "liens étroits" entre la Colombie et Israël, tous deux confrontés au "terrorisme".
Interrogé sur l'éventuelle présence du mouvement chiite libanais Hezbollah en Colombie, il a indiqué qu'il ne voulait pas "s'ingérer dans les problèmes relatifs à l'Amérique...


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