Dans ce monde largement dominé par des hommes – vieux, blancs et riches, comme le dirait le documentariste anti-Bush Michael Moore –, de plus en plus de femmes accèdent au pouvoir par la voix et la volonté de leurs peuples.
Depuis fin 2005, l’Afrique, l’Europe et aujourd’hui l’Amérique latine voient arriver, pour la première fois, des femmes au pouvoir. Ellen Johnson Sirleaf, élue présidente à la tête du Liberia, a été investie hier à son poste pour six ans. Elle est la première femme à devenir chef d’État dans le continent noir. En Allemagne, Angela Merkel, élue en novembre dernier chancelière, est la première femme à accéder à cette fonction dans l’histoire du pays. En Finlande, la présidente sortante Tarja Halonen, la « mère de la nation », est arrivée hier en tête du premier tour de l’élection présidentielle. Au Chili, Michelle Bachelet, une pédiatre de 54 ans, icône féministe ouvertement athée, mère et divorcée, est devenue hier la première femme à diriger son pays. En avril 2006, ce sera le Pérou qui connaîtra des élections importantes où s’affronteront deux femmes (deux !) à la présidence : l’avocate Lourdes Flores et la femme d’affaires Jeanette Emmanuel.
Les Philippines, l’Irlande, la Lettonie, la Nouvelle-Zélande, le Bangladesh et le Mozambique ont, quant à eux, connu, depuis quelques années déjà, leurs « dames de fer ».
Cependant, reste à se demander pourquoi les États-Unis, la superpuissance mondiale, défenseurs des libertés, de l’égalité et de la démocratie, n’ont pas encore connu leurs « dames ». Ces évolutions remarquables dans les quatre coins de la planète ont poussé les féministes aux États-Unis à s’interroger à leur tour sur la position de la femme dans leur pays. Le site www.americanwomenpresidents.org indique que la première campagne électorale menée par une femme remonte à 1870, c’est-à-dire il y a plus de 135 ans ! Depuis, peu de femmes se sont présentées aux élections, à part récemment Elizabeth Dole, en 2000, et peut-être bientôt Hillary Clinton, qui ne cache pas ses ambitions présidentielles.
Reste à savoir encore si les vents du changement atteindront – un jour – nos côtes arabes et nos déserts golfiques. Il est vrai qu’on a eu droit à une légère brise, toute fraîche, il n’y a pas très longtemps. Souvenez-vous, les Koweïtiennes ont obtenu le droit de vote en mai dernier. Et encore, dans d’autres pays arabes, il est vrai, des femmes ont réussi à occuper des postes ministériels dans leur gouvernement, comme au Bahreïn, en Syrie, en Palestine et au Liban. Tout cela est certes très encourageant, mais il reste à savoir quand le monde arabe connaîtra son « ouragan », le vrai changement ? Quand connaîtra-t-il sa première « dame de fer » ?
En attendant, rêvons de choses plus sérieuses. Combattons pour des droits encore plus fondamentaux, comme celui de conduire, de voyager librement sans l’accord d’un tuteur (qu’il soit père, frère, fils ou mari), le droit à un héritage équitable ou même le droit d’aimer… sans mettre sa vie en péril. À quand notre tour, dans le monde arabe ?
Rania MASSOUD
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Dans ce monde largement dominé par des hommes – vieux, blancs et riches, comme le dirait le documentariste anti-Bush Michael Moore –, de plus en plus de femmes accèdent au pouvoir par la voix et la volonté de leurs peuples.
Depuis fin 2005, l’Afrique, l’Europe et aujourd’hui l’Amérique latine voient arriver, pour la première fois, des femmes au pouvoir. Ellen Johnson Sirleaf, élue présidente à la tête du Liberia, a été investie hier à son poste pour six ans. Elle est la première femme à devenir chef d’État dans le continent noir. En Allemagne, Angela Merkel, élue en novembre dernier chancelière, est la première femme à accéder à cette fonction dans l’histoire du pays. En Finlande, la présidente sortante Tarja Halonen, la « mère de la nation », est arrivée hier en tête du premier tour de...