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Actualités - Reportages

Festivals Dans les coulisses, un feu d'artifice d'extravagances (photos)

Avec leur cohorte de vedettes, les festivals d’été nous apportent toujours quelques fleurs insolites. L’extravagance, on le sait, est la mère des artistes. Pas de caviar, ni de saumon, ni de Dom Pérignon dans les contrats de cette saison. Les caprices et les virevoltes des stars n’étaient ni abusifs ni redoutables. Toutefois, il y a eu pas mal de lubies, un tantinet loufoques. De Joe Cocker à Feirouz, en passant par Jessye Norman, José Cura, Merce Cunningham, Joaquin Cortès, Compay Segundo, Shaolin ou Hassan Hakmoun… Ils ont libéré juste un petit paquet d’exubérances et de foucades. Voilà quelques détails savoureux. • C’est le boeing du président Rafic Hariri qui a transporté Jessye Norman de Paris à Beyrouth. La divine avait raté le coche à Francfort… Piochées dans son contrat, quelques exigences : l’envoi d’une photo polaroïd de l’humidificateur qui serait installé dans sa loge ; du savon Ivory Brand dans sa loge ; une limousine qui ne soit pas de couleur blanche ; un piano Boesendorfer 2 745 m (mais c’est un grand Steinway gracieusement prêté par le Conservatoire libanais, qui sera mis à sa disposition) ; Jessye Norman est allergique aux fleurs ; elle ne tolère que la rose et l’orchidée. Les chemises des musiciens, dessinées par Jay Penney, à New York, n’ont pas été livrées à temps. C’est chez GS qu’on a pu trouver un modèle plus ou moins similaire. Entre deux avions, Ira Coleman a perdu sa contrebasse. Elle n’a été récupérée que quelques heures avant la représentation. Entre-temps, pour les répétitions, il a fallu louer pour deux cents dollars celle d’un jeune Libanais, Daniel . Jessye Norman qui était accompagnée de grands musiciens a enregistré à Beiteddine le CD The Sacred Ellington. Le lendemain de son concert, elle a assisté, à Koraytem, au mariage Hariri - Ghaith. Elle s’est retrouvée à la table d’une vingtaine de gros bonnets libanais et arabes : Nasser al-Rachid, l’ex-mari de Mona Ayoubi, Ahmed Shuman, propriétaire de la Banque arabe, Ray Irani, etc. Son voisin de table, Walid Joumblatt, lui résume ce petit monde en une phrase : «Ils pèsent quelque 400 milliards de dollars», lui dit-il. Ne perdant pas le Nord, Miss Norman réplique : «Je suis sûre qu’ils n’ont pas un cent dans leur poche ; moi j’en ai 25, Mister Joumblatt !». • Joe Cocker ne se déplace pas sans son studio mémoire de 6 tonnes ! De même il est toujours accompagné de son chef cuisinier, Jean-Pierre. Celui-ci a demandé aux responsables du Palm Beach de mettre à sa disposition trois marmitons, parlant anglais ou français. Le plat favori du rocker : le Shepard’s Pie (une tarte de pomme de terre et de hachis de viande). Joe Cocker avait auparavant demandé une carte de Beiteddine, avec toutes les routes et les accès menant au site où il allait se produire . • C’est un matelas que Merce Cunningham a acheté à Beyrouth. Celui de l’hôtel Phoenicia l’ayant énormément reposé, il a fait commande du même pour son lit de New York ! • José Cura n’est pas seulement une voix mais aussi un œil. La photo, c’est son dada. Un album portant le sceau du grand ténor sortira en librairie cet hiver. • En apprenant que le palais de Beiteddine était la résidence d’été du chef de l’État, les Shaolin ont épié tous les jours l’arrivée du président. Ils tenaient absolument à une photo souvenir, comme celle qu’ils exhibaient avec la reine Élisabeth d’Angleterre . C’est Mme Lahoud, enthousiasmée par leur performance, qui leur a arrangé le rendez-vous présidentiel. Dans la cour intérieure autour du bassin, les Shaolin ont posé avec M. Lahoud. Signalons qu’avant chaque performance, les 52 moines chinois dévoraient 30 pastèques. • Compay Secundo veut créer une nouvelle chanson avec le oud. C’est lors d’une soirée avec Charbel Rouhana que l’artiste cubain a appris à jouer de cet instrument et a décidé de l’intégrer à sa musique. • Sur scène, Joaquin Cortès a déchaîné les fantasmes. Dans les coulisses, les Libanaises sujettes à d’incontrôlables pulsions n’ont pas mesuré leurs élans : sourires enjôleurs, baisers passionnés… Cortès est resté béat devant tant de spontanéité ! Au Caracas, et au Sydney, le flamenco gitan s’est affiché aux bras d’une ex-miss Liban. De la frime également au Riviera et au Saint-Georges, où on l’a vu étaler scrupuleusement une crème écran total, de la tête au pied. Cortès préfère être clair. • Un revenant : Martin Atkinson… ingénieur de son que s’arrachent les vedettes. Il était à Beiteddine pour Kiri Te Kanawa ; on l’a revu pour le spectacle de Jessye Norman. • Vu au concert de Feyrouz : un couple séoudien dans des fauteuils. Et comme un fauteuil prend l’espace de deux vulgaires chaises, le couple a loué pour la soirée quatre chaises. L’or noir n’est pas la cause de ce luxe, mais l’obésité. Pour les trois soirées de Feirouz, Beiteddine construit en terrasse s’est transformé en amphithéâtre: tous les balcons du village ont été pris d’assaut. Sur l’un d’eux on pouvait lire : «Louons chaise à 10 000 LL». La terrasse de l’hôtel Mir Amine affichait complet : elle avait été réservée pour la sœur de l’émir du Koweït, accompagnée d’une cinquantaine d’amis. Également là, la délégation qatariote qui avait précédé le prince pour sa visite au Liban. N’ayant pu trouver des places, ils ont dîné en écoutant la diva libanaise. Pendant l’entracte, la reine Nour de Jordanie a visité l’exposition de photographies «Portraits du Caire». Pour le séjour de Feirouz à l’hôtel Mir Amine, la suite impériale a été décorée par Jean-Louis Mainguy et Bassam Daher. Pour la circonstance, la galerie Ensembles a prêté ses meubles d’appui et ses pièces anciennes, alors que Maktabi a offert un choix de tapis datant du XVIIIe siècle. À la tombée de la nuit, Feirouz a fait du tourisme dans le Chouf. Sa première visite a été pour l’archevêché de Beiteddine. • Les huit musiciens américains qui accompagnaient Hassan Hakmoun sont convertis à l’islam. Dans leur contrat, on précisait que leur viande devrait être «zabeh halal». Encore une valise qui n’est pas arrivée à destination : elle contenait des castagnettes mais aussi deux costumes de scène. On a tout de suite fabriqué des castagnettes dans un atelier de cuivre situé sur la corniche du Fleuve ; quant aux habits de scène, des robes blanches fort ressemblant à l’habit des intégristes, seront dénichés à Tarik el-Jédidé. • Shopping pour Kiri Te Kanawa chez les Artisans de Aïn el-Mreissé et chez Nada Le Cavelier où elle a eu le coup de foudre pour une bague. • Pour promouvoir son programme Mediterraneo présenté au Festival de Byblos, Michel Éléftériades a édité un CD. Trois titres : la chanson de John Lenon et de Paul Mc Carthney, Eleanora Rigby interprétée par Penny Pavlakis ; Albi Wmouftahou de Fathi Khoura et Farid el-Atrach, reprise par Hanine ; et Khatarna ala Balak chantée par Tony Hanna. Solitaire… dans les ruines Faisant écho aux caprices des stars, un certain public fait toujours sensation : • Très remarquée, l’arrivée de l’ambassadeur des États-Unis à l’inauguration du Festival de Beiteddine : c’est à pied comme M. Tout-le-Monde qu’on a vu M. Satterfield descendre la route menant au palais. Pour une fois on ne se plaindra pas du convoi motorisé de ce diplomate. Alors que les voitures des ministres et des députés invités ont tenu à se frayer un chemin à travers le flot de la foule, pour s’arrêter le plus prêt possible du portail du palais. • On a retrouvé un diamant dans un champ de ruines ! Lors du concert de Compay Secundo, le solitaire de l’épouse de Farid Trad a été égaré. La jeune femme appelle une des responsables du Festival de Baalbeck pour l’exhorter à faire chercher la bague par les ouvriers. «De la folie», s’exclame la dame. Le coup de bol aussi : la chance a souri à Mme Trad . • À Beiteddine, un couple arrive après le lever du rideau. Leur place est dans les premières rangées. Pour ne pas déranger l’auditoire, le placeur leur propose d’intégrer leur siège à l’entracte ou au mieux à un moment d’ovation. «En attendant, vous pouvez vous installer ici», leur dit-il en leur indiquant deux sièges, «de côté». Poussant des cris de paonne, la dame le «somme» de les guider à leurs sièges ou de «rembourser immédiatement» leur ticket. «Je n’ai pas payé 200 dollars pour être mise à l’écart», siffle-t-elle. Puis faisant signe à son mari de la suivre, elle s’avance du côté de la scène en se rengorgeant … • Avant un concert, une spectatrice aborde une organisatrice et lui dit : «À 10 heures, je dois faire ma piqûre. Voilà ma place (elle lui donne le numéro de son siège). Pouvez-vous m’envoyer un membre de la Croix-Rouge ? Ne m’oubliez pas ! ». • À la fin d’un concert, les gradins abritant les sièges des premières rangées sont devenues une véritable poubelle. Un amoncellement de sacs de chips, de papiers chocolat et de bouteilles d’eau jonchent le sol…
Avec leur cohorte de vedettes, les festivals d’été nous apportent toujours quelques fleurs insolites. L’extravagance, on le sait, est la mère des artistes. Pas de caviar, ni de saumon, ni de Dom Pérignon dans les contrats de cette saison. Les caprices et les virevoltes des stars n’étaient ni abusifs ni redoutables. Toutefois, il y a eu pas mal de lubies, un tantinet loufoques. De Joe Cocker à Feirouz, en passant par Jessye Norman, José Cura, Merce Cunningham, Joaquin Cortès, Compay Segundo, Shaolin ou Hassan Hakmoun… Ils ont libéré juste un petit paquet d’exubérances et de foucades. Voilà quelques détails savoureux. • C’est le boeing du président Rafic Hariri qui a transporté Jessye Norman de Paris à Beyrouth. La divine avait raté le coche à Francfort… Piochées dans son contrat, quelques exigences :...