En réalité, la Phénicie, comme tout l’Orient antique, excellait dans la broderie, inséparable des costumes d’apparat. Les bas-reliefs nous montrent ce qu’étaient les vêtements des rois d’Assyrie, de la Syrie de nord ou de leurs dignitaires ; ce sont de véritables cuirasses de broderies dont le goût n’a pas encore passé en Orient. Les Phéniciens avaient une autre supériorité, celle de la pourpre qu’ils fabriquaient à Tyr et à Sidon et dont ils avaient le monopole. La pourpre est une teinture naturelle qui provient d’un petit coquillage extrêmement abondant jadis, le long de la côte de Syrie, mais que les Phéniciens ont à peu près fait disparaître à force de l’avoir détruit : le «murex» dont on ne connaît que deux ou trois espèces tinctoriales, le «murex trunculus» et le «murex brandaris». Lorsque l’animal est mort et que sa chair se corrompt, elle secrète un suc jaunâtre ; ce suc, appliqué sur une étoffe blanche, se colore en violet lorsqu’il sèche. Plus l’étoffe est exposée au soleil, plus la coloration devient intense, et cette coloration ne faiblit pas par la suite. Grâce à des coupages, des renforcements et des affaiblissements de cette teinture, on obtient des tons rose, lilas, violet pâle, violet foncé ; mais jamais ce rouge éclatant auquel fait allusion l’expression pittoresque mais fausse : «la pourpre cardinalice». Outre le souvenir de ce merveilleux travail, que nous ont transmis les auteurs, nous avons des témoignages actuels de l’activité des fabriques de pourpre phéniciennes ; à Tyr et à Sidon on retrouve encore les déchets de cette fabrication. À Sidon, notamment, au sud de la ville, il y a une colline tombant à pic sur la plage ; pendant des siècles on y a jeté les débris de coquilles de murex ; maintenant ces coquilles forment des lits de plusieurs mètres d’épaisseur et la colline en a été surhaussée. Chaque coquillage a été brisé sur le côté de façon à permettre l’extraction des chairs ; celles-ci étaient déposées dans des récipients ou des cuves, sortes de pourrissoirs où elles se liquéfiaient ; on a trouvé à Tyr et à Sidon aux endroits où gisent les débris de coquillages des restes de cuves en béton qui sont peut-être ces récipients. Les expériences modernes ont prouvé qu’en se décomposant les murex dégagent une forte odeur alliacée. On peut se figurer l’inconvénient qui devait en résulter pour les villes qui se livraient en grand à cette fabrication. Sans doute les ateliers étaient-ils hors de la ville à l’endroit même où l’on jetait les coquilles vides.
En réalité, la Phénicie, comme tout l’Orient antique, excellait dans la broderie, inséparable des costumes d’apparat. Les bas-reliefs nous montrent ce qu’étaient les vêtements des rois d’Assyrie, de la Syrie de nord ou de leurs dignitaires ; ce sont de véritables cuirasses de broderies dont le goût n’a pas encore passé en Orient. Les Phéniciens avaient une autre supériorité, celle de la pourpre qu’ils fabriquaient à Tyr et à Sidon et dont ils avaient le monopole. La pourpre est une teinture naturelle qui provient d’un petit coquillage extrêmement abondant jadis, le long de la côte de Syrie, mais que les Phéniciens ont à peu près fait disparaître à force de l’avoir détruit : le «murex» dont on ne connaît que deux ou trois espèces tinctoriales, le «murex trunculus» et le «murex brandaris»....
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