Pour assurer les opérations de financement de projets à long terme, le profil spécifique à chaque institution financière est secondaire par rapport à la nature de ses ressources. Les banques spécialisées ont pour mission d’assurer des fonds longs aux secteurs productifs, et ce afin de dynamiser l’activité économique. «Comme les banques d’affaires ne peuvent accepter de dépôts pour moins de six mois, elles sont mieux placées que les banques commerciales pour s’engager dans des opérations de financement de longue durée et peuvent donc mieux servir les besoins de développement de l’économie et satisfaire les conditions spécifiques aux grands projets qui nécessitent une longue période de gestation avant de devenir rentables», affirme Mona Barakat Sayegh, directrice du département de recherche et développement de la Arab Investment Bank SAL. Par contre, du côté des banques commerciales, «la gestion suppose un équilibre entre les emplois et les ressources. Comme par définition les ressources des banques commerciales sont à court terme, elles ne peuvent pas s’engager dans des financements longs», explique Bassam Yammine, directeur à Lebanon Invest SAL. Ainsi, les banques se retrouvent confrontées à un problème de transformation ou «mismatching». «L’appareil bancaire classique répond partiellement aux techniques de financement impliquant la création de ressources longues, soit par émission de papier pour le compte des institutions financières ou des sociétés, soit par capitalisation des entreprises via un placement privé ou public. Les banques libanaises sont riches en dépôts à 40 ou 60 jours. Dès lors, quand elles souhaitent prêter à 2, 3, 4 ou 5 ans, elles sont exposées à un problème de risque de transformation», avoue Semaan Bassil, directeur général de la Byblos Bank SAL. À la recherche d’un équilibre Dans la mesure où la banque commerciale a accès à des dépôts à long terme ou elle a la possibilité de contracter des crédits auprès d’institutions spécialisées internationales, rien ne l’empêche d’adosser des financements longs. Ainsi, «la Byblos Bank est la seule institution financière au Liban qui a pu lever des prêts à long terme auprès de plusieurs organismes internationaux afin de pouvoir financer des projets à moyen et long terme, poursuit Semaan Bassil. Le montant des fonds levés depuis 1993 s’élève à 577 millions de dollars répartis entre la Société financière internationale (103 millions de dollars) pour des maturités s’étendant entre 7 ans et 10 ans; le FMO (Netherlands Development Finance Company) 25 millions de dollars pour une maturité de 10 ans, Proparco (9 millions de dollars) pour une durée de 3 à 10 ans; Dresdner Bank (10 millions de dollars) pour une durée de 3 ans. Sans compter les émissions de CDs (certificate of deposits) pour un montant de 280 millions de dollars et des euro-obligations et euro-CDs pour 150 millions de dollars. Les taux sont intéressants car ces organismes prêtent aux secteurs privés en voie de développement. Donc, en diversifiant les sources de fonds, la banque Byblos obtient un taux moyen avantageux». De même, les prêts à long terme de la Banque Européenne d’Investissement et de l’International Finance Corporation ont été canalisés par les banques commerciales. «Les banques commerciales sont les mieux placées pour le faire, assure Fouad Nicolas Trad, directeur général du Crédit Agricole Indosuez Liban. Elles en ont les ressources et le réseau. Elles sont en contact avec le secteur hôtelier (le prêt a été délivré en partie à ce secteur) et sont donc amenées à distribuer le crédit et en suivre le risque». Ainsi, les banques d’affaires ne représentent pas l’intermédiaire approprié pour ce genre de financement. Comme l’explique Freddie Baz, conseiller du PDG de la Banque Audi, «l’assise financière des banques commerciales est plus importante que celle des banques spécialisées. Quand une société financière internationale alloue une ligne de crédit à une banque, elle évalue le risque de crédit de cette banque. À titre d’exemple, le risque de crédit de Audi Investment Bank est plus important que celui de la Banque Audi. Cette dernière peut garantir la ligne de crédit de sa filiale mais, pour éviter de se lancer dans des garanties coûteuses et qui ont une dimension fiscale élevée, les banques commerciales ont contracté elles-mêmes les prêts». Finalement, les financements à long terme qui sont généralement du ressort des banques d’affaires favorisent un environnement au niveau des banques commerciales, là où les ressources substantielles existent.
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