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Actualités - Reportages

Privatisation : la sortie de secours

Face à une situation économique dramatique et à une compétitivité presque inexistante, le recours aux privatisations paraît inévitable. Afin de réduire les dépenses et le poids de la dette, l’État libanais doit se diriger le plus tôt vers une politique de privatisations. «Pour diminuer la dette publique, 2 milliards de dollars sont nécessaires, assure Nabil Sawabini, PDG de Middle East Capital Group (MECG). Le drainage des capitaux peut se faire à travers les pays du Golfe, les pays développés ou les organismes internationaux. Par ailleurs, les privatisations jouent un rôle essentiel pour soutenir le plan de relance du gouvernement actuel. En tête de liste des secteurs à privatiser, les télécommunications. Notamment les licences à accorder aux opérateurs de téléphones mobiles. C’est une opportunité en or et une grande rentrée de ressources au Trésor. Bien entendu, les autres services publics doivent suivre comme l’électricité, l’eau, les téléphones fixes et la compagnie aérienne MEA. En parallèle, il faut assurer un contrôle efficace de l’application du plan de privatisation pour atteindre les objectifs voulus. Tout retard aura pour effet de réduire l’espoir de redresser l’économie libanaise». Le principal de la dette atteint désormais des limites importantes. Ainsi, «la privatisation permettra de réduire ce dernier et de ramener la dynamique de croissance de la dette à une meilleure cohérence avec le potentiel de croissance de l’économie libanaise, explique Freddie Baz, conseiller du PDG de la Banque Audi. Les mesures engagées par le gouvernement actuel s’inscrivent nécessairement dans la bonne direction. Malheureusement, elles ont été initiées à un moment où il y avait une légère détérioration dans l’environnement économico-politique local et régional. Ce qui impose donc aux gouvernements des efforts supplémentaires sur le plan quantitatif». Aussi, l’une des principales raisons pour recourir à la privatisation est «son importance significative pour améliorer l’efficience et l’efficacité du secteur public et pour diminuer le gaspillage, remarque Tarek Chehab, directeur général adjoint de la société financière Fidus, filiale de la SGLEB. Il faut que certaines sociétés publiques puissent être intéressantes à privatiser. Elles doivent être restructurées au niveau de l’organisation interne, des démarches commerciales et de leurs capacités à récolter les factures. Ces aspects sont handicapants». L’arme incontestée du développement La politique de redressement de l’économie libanaise nécessite la mise en place d’un marché de capitaux et l’émission d’instruments financiers adéquats. D’où le rôle essentiel des privatisations. «Nous ne pouvons pas avoir une place financière sans privatiser. Cette décision doit être prise au plus vite!», déclare Fadi Osseiran, directeur général de la Blom Invest Bank. Fouad Nicolas Trad, directeur général du Crédit Agricole Indosuez Liban, assure que les privatisations sont le catalyseur du développement de l’industrie boursière au Liban. «Elles seules pourraient banaliser l’investissement boursier car le produit est prévendu : la future action Liban-Telecom n’a pas besoin de beaucoup de marketing, nous utilisons le téléphone chaque jour, idem pour l’électricité ou autre véhicule du secteur public. Les privatisations amèneront Libanais et étrangers à profiter des services financiers sur le marché local dans un environnement propice en l’absence de taxe sur les plus-values, de la pérennité du secret bancaire et du cadre légal imposé par la banque du Liban». Le rôle des institutions financières Une fois le processus des privatisations lancé, les banques d’investissement et les institutions financières auront un rôle significatif à jouer. «La culture et le savoir-faire financiers sont encore faibles au Liban, avoue Ghassan Sidaoui, directeur de la banque privée de la National Bank of Kuwait Lebanon. Ils se développeront sans aucun doute à travers les privatisations. La mission des institutions financières est de les initier». Mona Barakat Sayegh, directrice du département de recherche et développement de la Arab Bank, indique: «Nous souhaitons avoir un rôle actif dans les privatisations prévues. Bien que notre banque soit une institution assez récente, nous profitons de la longue expertise et la vaste présence géographique de notre banque-mère, Arab Bank, pour offrir les services et outils nécessaires aux entités qui seraient privatisées, ainsi que pour promouvoir leur financement auprès des investisseurs sur les marchés local, régional et international». Par ailleurs, les institutions financières étrangères ne resteront pas en marge de telles opportunités. «L’intérêt porté par les institutions financières étrangères à cette nouvelle ouverture se fera sentir, observe Jean Abou Rached, PDG de Gulf Finance & Investment Corporation. Les privatisations doivent se faire à travers les sociétés libanaises pour développer le secteur financier libanais. Il faudrait restreindre l’implication des groupes étrangers à une collaboration directe avec les sociétés financières libanaises».
Face à une situation économique dramatique et à une compétitivité presque inexistante, le recours aux privatisations paraît inévitable. Afin de réduire les dépenses et le poids de la dette, l’État libanais doit se diriger le plus tôt vers une politique de privatisations. «Pour diminuer la dette publique, 2 milliards de dollars sont nécessaires, assure Nabil Sawabini, PDG de Middle East Capital Group (MECG). Le drainage des capitaux peut se faire à travers les pays du Golfe, les pays développés ou les organismes internationaux. Par ailleurs, les privatisations jouent un rôle essentiel pour soutenir le plan de relance du gouvernement actuel. En tête de liste des secteurs à privatiser, les télécommunications. Notamment les licences à accorder aux opérateurs de téléphones mobiles. C’est une opportunité en or et...