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Actualités - Reportages

L’universalité au cœur du métier

Les grandes banques libanaises s’acheminent vers un profil de banque universelle, ce qui se justifie par une couverture permanente des principaux métiers de banque commerciale, de banque privée, de banque de détail, de banque d’investissement et pour certaines de bancassurance. Suivant sa stratégie de développement, chaque banque s’adosse à une société financière ou crée des départements spécialisés. De par la multiplicité des produits qu’elles offrent, les banques libanaises sont devenues des banques universelles. «Les banques offrent aujourd’hui un large éventail de produits et de services disponibles sous une même enseigne, pour cerner l’ensemble des besoins de la clientèle», déclare Hani Khalil, PDG de World Investment Services. Si l’on suit l’évolution du métier, on remarque que «l’expérience de la banque spécialisée est une expérience qui a échoué partout dans le monde. Cela n’est pas surprenant car les banques spécialisées sont des banques qui ont des vocations économiques, ce qui n’est pas toujours compatible avec la gestion capitaliste des banques détenues par des privés», note Freddie Baz, conseiller du PDG de la Banque Audi. Aussi, offrir une gamme plus large de produits et de services est un moyen de tenter de diversifier les ressources bancaires. «Les banques libanaises ont vu leur marge de profit réduite, déclare Semaan Bassil, directeur général de la Byblos Bank. Elles ne trouvent plus de bons moyens de placement dans la conjoncture économique actuelle et essayent donc de compenser la chute de rentabilité en augmentant le volume des crédits octroyés ou en renforçant leur présence dans la bancassurance, la “trade finance” et les métiers de haut de bilan pour générer plus de commissions». Ainsi, le pari sur ce métier est justifié par un rendement significatif au niveau du rendement global de la banque. D’autre part, les banques libanaises se partagent un marché étroit. «La banque se doit d’être universelle, surtout sur un micro-marché comme le nôtre, où le coût financier entraîné par le développement d’une banque spécialisée est important», affirme Tarek Chehab, directeur général adjoint de Fidus, filiale de la SGLEB. Comment gérer l’universalité ? Pour développer des activités de niche, chaque banque a sa stratégie: créer des départements annexes ou des filiales. Ainsi, au cœur même de la banque universelle, chaque activité a une structure spécialisée presque indépendante. «Les banques ont intérêt à avoir une structure spécialisée dans l’ensemble de leurs activités. Elles ont deux choix pour le faire: soit expertise en interne où elles en développent une en désignant une équipe dédiée à une activité spécifique, soit en externe en achetant une société qui a déjà fait ses preuves», déclare Jean Riachi, directeur général de FFA. Un autre moyen est considéré par Semaan Bassil: «Il existe différentes banques étrangères spécialisées comme la banque d’affaires Rothschild et la ING Bank qui ont l’expertise et l’expérience requise. Pour toute compétence additionnelle et quand le besoin se fera sentir, étant donné la conjoncture actuelle, nous sous-traiterons les projets à des experts en la matière». Fusions à l’ordre du jour Aujourd’hui, de plus en plus de sociétés spécialisées s’adossent à des banques pour avoir accès à une plus grande clientèle et pour offrir une palette complète de services. «Nous offrons des services qui vont de la carte de crédit, au prêt auto, à la gestion de patrimoine, déclare Tarek Chehab. Le vaste réseau de la SGLEB au Liban, dans la région et à l’international est un grand atout de distribution des produits et services». Ainsi, les banques commerciales achètent l’expertise, et les banques ou sociétés spécialisées profitent du réseau. «La Lebanon Invest s’adosse à la Banque Audi, pour des raisons de synergies commerciales (couverture d’une part de marché additionnel), financières (économies de coûts) et humaines (expertise complémentaire). Celles-ci se traduisent par des valeurs ajoutées aux deux sociétés», indique Freddie Baz. D’autre part, l’adossement de sociétés financières à des banques est une évolution normale pour pallier les ressources limitées . Ainsi, «il vaut mieux faire partie d’un ensemble car avec nos propres ressources, les limites sont très vite atteintes. Nous avons besoin d’un réseau, d’un appui financier et d’une capacité de crédit», explique Fouad Nicolas Trad, du Crédit Agricole Indosuez. Par contre, pour Semaan Bassil, «l’objectif de la Byblos d’être une banque universelle n’est pas conditionné par la création d’une banque d’affaires puisque nous disposons de ressources à moyen et long terme assez conséquentes. Ces fonds nous permettent de financer des projets à long terme sans encourir de risque de transformation (ou mismatching)». Un autre fait est souligné par Fadi Osseiran, directeur général de la Blom Invest, pour expliquer les dernières fusions entreprises dans le secteur. «La perception du secteur bancaire, reflétée principalement par les banques commerciales, est solide. Si la société financière n’est pas adossée à une banque, elle n’inspire pas confiance au Liban. Les banques commerciales ont un historique évident et elles sont transparentes sur le plan financier». Enfin, les banques commerciales acquièrent des sociétés financières parce qu’elles peuvent difficilement entreprendre les activités de ces dernières et vice versa.
Les grandes banques libanaises s’acheminent vers un profil de banque universelle, ce qui se justifie par une couverture permanente des principaux métiers de banque commerciale, de banque privée, de banque de détail, de banque d’investissement et pour certaines de bancassurance. Suivant sa stratégie de développement, chaque banque s’adosse à une société financière ou crée des départements spécialisés. De par la multiplicité des produits qu’elles offrent, les banques libanaises sont devenues des banques universelles. «Les banques offrent aujourd’hui un large éventail de produits et de services disponibles sous une même enseigne, pour cerner l’ensemble des besoins de la clientèle», déclare Hani Khalil, PDG de World Investment Services. Si l’on suit l’évolution du métier, on remarque que...