Alan Greenspan, le grand banquier le plus puissant du monde, a été élu pour la deuxième année consécutive homme de l’année financière à l’issue d’une sondage réalisé par Reuters auprès de 53 économistes. Le président de la Réserve fédérale, qui a entamé le 20 juin 1996 son troisième mandat d’une durée de quatre ans à la tête de la Fed, pilote l’économie américaine qui en est à sa neuvième année de croissance sans inflation. Il devance largement, dans ce second sondage annuel, un autre banquier central, Wim Duisenberg, le président de la Banque centrale européenne (BCE), dont la tâche a été plus difficile si l’on suit l’évolution de l’euro qui a perdu cette année 15 % de sa valeur par rapport au dollar. Pour la deuxième année, Reuters a demandé à des économistes internationaux de désigner l’homme ou la femme qui les a le plus impressionnés en bien ou en mal en 1999. Ils devaient nommer trois personnes et attribuer trois points à la première sur leur liste, deux points à la seconde et un point à la troisième. Alan Greenspan, qui les a naturellement impressionnés en bien, avait aussi été élu homme de l’année en 1998 pour avoir contenu la crise financière internationale et évité la faillite du fonds spéculatif LTCM en réduisant rapidement les taux de la Fed, insufflant ainsi une bouffée d’oxygène aux marchés. L’année 1999 n’a pas non plus été de tout repos pour la finance internationale puisqu’elle a démarré par l’effondrement du real brésilien suscitant de nouvelles frayeurs sur un éventuel effet domino. «Greenspan a magistralement piloté la transition de la crise vers la stabilité», rappelle David Resler, économiste chez Nomura Securities International. Une fois le spectre de la crise internationale éloigné, le président de la Fed s’est à nouveau employé à assurer une poursuite de la croissance non inflationniste en relevant les taux d’intérêt qui ont retrouvé le niveau d’avant la crise à 5,50 %. Au troisième trimestre, la croissance américaine a atteint un taux annuel de 5,7 %, contre 2,3 % pour l’Euroland. Le ralentissement pronostiqué par les économistes pour cette année ne s’est donc pas produit. Fort de ce bilan, Alan Greenspan a obtenu 108 points dans ce sondage, contre 65 points pour Wim Duisenberg. La performance du président de la BCE est plus controversée, les critiques se portant plus sur la présentation de la politique monétaire que sur sa conduite. Les économistes estiment qu’après tout, la BCE a fait son travail. Elle a réduit ses taux en avril pour stimuler la croissance et les a relevés en novembre lorsque les signes de reprise devenaient patents. «Il a dû composer avec un environnement très difficile et finalement il ne s’en est pas si mal tiré que ça, même s’il aurait pu faire mieux», souligne Bernard Walschots, économiste chez Rabobank. Les difficultés, d’ordres politique et économique, sont principalement venues d’Allemagne. Les économistes rappellent qu’il y a un an le ministre allemand des Finances, Oskar Lafontaine, réclamait à la BCE une baisse des taux d’intérêt au moment où la banque centrale tentait d’affirmer son indépendance. La baisse des taux est intervenue mais après la démission de Lafontaine qui arrive en septième position dans ce sondage. Mais l’image de la BCE a aussi été ternie par les déclarations contradictoires de ses dirigeants sur le taux de change de l’euro. «Il y a des moments opportuns pour en parler et d’autres pas», souligne David Brickman, chez PaineWebber à Londres, qui rappelle que l’euro termine l’année à un niveau proche de la parité. Le ministre français de l’Économie Dominique Strauss-Kahn, qui a démissionné du gouvernement le 2 novembre dernier après avoir été mis en cause dans l’affaire de la MNEF, arrive en quinzième position.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Alan Greenspan, le grand banquier le plus puissant du monde, a été élu pour la deuxième année consécutive homme de l’année financière à l’issue d’une sondage réalisé par Reuters auprès de 53 économistes. Le président de la Réserve fédérale, qui a entamé le 20 juin 1996 son troisième mandat d’une durée de quatre ans à la tête de la Fed, pilote l’économie américaine qui en est à sa neuvième année de croissance sans inflation. Il devance largement, dans ce second sondage annuel, un autre banquier central, Wim Duisenberg, le président de la Banque centrale européenne (BCE), dont la tâche a été plus difficile si l’on suit l’évolution de l’euro qui a perdu cette année 15 % de sa valeur par rapport au dollar. Pour la deuxième année, Reuters a demandé à des économistes internationaux de...