Vitesse, alcool et rodéo nocturne, les causes principales de l’accident de Diana sont connues et l’enquête touche à sa fin. Mais le mystère de la Fiat Uno reste entier et la responsabilité des photographes de presse est à définir. Neuf photographes et un motard de presse qui avaient pris en chasse la voiture demeurent sous le coup de mises en examen pour «homicides et blessures involontaires» et «non assistance à personnes en danger». Depuis le début de l’enquête, les policiers de la Brigade criminelle et les juges chargés du dossier ont manifesté un soin permanent et scrupuleux du détail, afin de couper court, par avance, à la critique et au fantasme. L’expertise technique de la Mercedes accidentée, dont les résultats, attendus en mai, sont maintenant prévus pour octobre, paraît avoir retardé le terme de l’information judiciaire hors normes conduite par les juges d’instruction Hervé Stéphan et Marie-Christine Devidal. Cet examen devrait éclairer les enquêteurs sur plusieurs points précis et en premier lieu sur la vitesse du véhicule au moment où il s’est fracassé contre le 13e pilier du tunnel du Pont de l’Alma. Le service scientifique de gendarmerie chargé de l’expertise doit aussi apporter des précisions sur le fonctionnement des «airbags» de la voiture et la fiabilité de son système de freinage, qu’un témoin, Olivier Lafaye, l’ancien conducteur habituel de la Mercedes, a récemment décrit comme défaillant. Les juges auront ensuite à trancher entre un renvoi de tout ou partie des photographes devant le tribunal correctionnel de Paris, ou un non-lieu général, après avoir obtenu les réquisitions du parquet. Cette dernière hypothèse priverait les victimes et l’opinion d’un procès en audience publique, au cours de laquelle l’affaire pourrait être évoquée dans la transparence de ses moindres détails. Désormais, il apparaît ainsi fantaisiste, au regard des éléments contenus dans le volumineux dossier d’instruction, d’adhérer à la thèse d’un complot dont auraient été victimes la princesse et son ami. Cette théorie a été un temps relayée par le père de Dodi, le milliardaire égyptien Mohamed al-Fayed, propriétaire de l’hôtel Ritz à Paris et du magasin Harrod’s à Londres, de longue date en délicatesse avec son pays d’accueil et la famille royale d’Angleterre. Outre la vive allure de la Mercedes sous un tunnel, les analyses toxicologiques ont vite mis en exergue l’état d’imprégnation alcoolique du chauffeur Henri Paul, trois fois supérieur au taux légal au moment de l’accident. De plus, l’enquête a révélé qu’il présentait un «alcoolisme chronique modéré» et prenait des antidépresseurs. Homicides involontaires Ces quelques éléments résument, aux yeux des enquêteurs, les causes principales d’un drame, dont la seule zone de mystère demeure l’existence d’une Fiat Uno blanche introuvable, susceptible d’avoir heurté la Mercedes sous le tunnel, et décrite par certains témoins. Des traces de peinture ont en effet été prélevées sur le flanc de la Mercedes et contre un mur du tunnel, laissant envisager un «léger choc tangentiel», d’après les résultats d’une expertise. Mais les recherches au peigne fin entreprises par la police, parmi près de 40.000 véhicules de ce type enregistrés en France, sont restées vaines. Reste à définir la responsabilité des photographes, qui doit être appréciée en vertu de critères exclusivement juridiques et non moraux. La qualification d’«homicides involontaires» paraît difficilement tenable au regard du droit, selon des sources judiciaires. Rien n’indique qu’ils aient à aucun moment heurté ou gêné la progression de la Mercedes par des tentatives de dépassements par exemple. En outre, ils ne présentaient pas, en eux-mêmes, un danger physique pour ses occupants dont ils voulaient seulement prendre des clichés, ce seul motif ne pouvant justifier la folle allure de la Mercedes. Selon les mêmes sources, le débat devient plus épineux pour ce qui touche à la «non-assistance à personnes en danger». Les premiers policiers parvenus sur les lieux ont durement décrit l’attitude de deux des photographes, qui auraient tenté d’entraver leur action, tout en continuant à prendre des vues des victimes. Il apparaît en outre qu’un des photographes présents à tenté de joindre les secours à l’aide de son téléphone mobile. Les photos, confisquées par les enquêteurs, font en outre toutes figurer au moins un secouriste, ce qui peut laisser à penser que ces derniers ont pu accomplir leur mission dans des conditions d’efficacité acceptables. Les policiers auraient souhaité recueillir les souvenirs du garde du corps britannique de la princesse, Trevor Rees-Jones, seul survivant de l’accident. Mais, grièvement blessé lors du choc, il continue de souffrir d’amnésie partielle. Partie civile à la procédure, cet ancien militaire, après avoir démissionné au printemps du service de Mohamed Fayed, a adopté une attitude assez offensive à son égard. Son avocat parisien, Me Christian Curtil, a demandé au juge d’interroger les directeurs parisiens du Ritz sur d’éventuelles lacunes dans l’organisation de la sécurité du couple, et le patron de la société parisienne de location Etoile Limousine, sur la fiabilité de la Mercedes. Ce devrait être fait courant septembre. D’ores et déjà, au travers de ces demandes d’actes, on devine l’inévitable bataille financière qui se déclenchera à l’issue du volet pénal de l’affaire, dès lors que seront abordées les demandes de dommages-intérêts. (AFP)
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