Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, s’exprime lors d’une conférence de presse conjointe avec le ministre indien des Affaires étrangères Subrahmanyam Jaishankar (hors champ), à l’issue de leur rencontre à Hyderabad House, à New Delhi, le 24 mai 2026. Photo Julia Demaree Nikhinson/POOL/AFP
Une des premières réactions aux menaces du chef du Hezbollah Naïm Kassem visant le gouvernement libanais n'est pas venue de Beyrouth, mais de Washington. Elle est venue du secrétaire d’État Marco Rubio qui a condamné l' « appel irresponsable » du dirigeant chiite et estimé que « la prise en otage du Liban par le Hezbollah touche à sa fin. » Et ce alors que des négociations directes entre le Liban et Israël portant notamment sur le désarmement du parti pro-iranien doivent reprendre vendredi aux États-Unis.
Dans un discours dimanche soir, Naïm Kassem avait appelé les autorités à annuler ces pourparlers directs et affirmé que « le peuple a le droit de descendre dans la rue pour le faire tomber et faire face au projet israélo-américain qui vise les institutions du pays ».
Dans un communiqué, partagé notamment par l'ambassade américaine à Beyrouth, Marco Rubio a condamné « dans les termes les plus fermes l’appel irresponsable du Hezbollah à renverser le gouvernement démocratiquement élu du Liban. » Il a accusé le parti d'avoir ignoré les « appels répétés » des autorités libanaises au respect du cessez-le-feu continuant de tirer sur des positions israéliennes et déplaçant « des combattants et des armes vers le sud du Liban. » Le 2 mars, ce sont des tirs de roquettes vers Israël, en soutien au régime iranien, qui ont rouvert le front au Liban. Et la trêve actuellement en cours entre les belligérants est également mise à mal depuis mi-avril par des frappes israéliennes, l'occupation de dizaines de villages du Liban-Sud et des attaques du Hezbollah.
Le chef de la diplomatie américaine a accusé le Hezbollah de mener une « campagne délibérée visant à déstabiliser le pays » et le plonger dans le « chaos ». Et ce alors que « le gouvernement libanais veut assurer le redressement du pays, ainsi qu'un avenir stable pour ses citoyens avec le plein soutien des États-Unis. »
« Les menaces de violence et de renversement proférées par le Hezbollah ne seront pas autorisées à réussir. L’époque où un groupe terroriste tenait toute une nation en otage touche à sa fin », poursuit le communiqué.

