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Culture - Entretien

« J’en éprouve de la honte » : Leïla Slimani et la mémoire enfouie de la langue arabe

À l’occasion de la parution d’« Assaut contre la frontière » chez Gallimard, l’écrivaine se confie sans filtre à « L’Orient-Le Jour » sur l’identité et le vertige de l’écriture.

« J’en éprouve de la honte » : Leïla Slimani et la mémoire enfouie de la langue arabe

La journaliste et écrivaine franco-marocaine Leïla Slimani. Photo Francesca Mantovani (c)/Éditions Galllimard

Avec Assaut contre la frontière (Gallimard, 2026), la romancière franco-marocaine Leïla Slimani nous offre le cheminement d’une pensée au long cours autour de la langue arabe, de sa charge symbolique et de son statut de « langue fantôme » dans un système axiologique culturel intériorisé. Selon l’auteure, la question au centre de sa trilogie se pose sur un plan linguistique : « Pourquoi est-ce que je ne parle pas ma langue ? Cette langue arabe, qu’est-elle pour moi ? »Après le signifiant, c’est le signifié qu’interroge Leïla Slimani, tout en abordant la notion de littérarité et sa visée. « Qu’y a-t-il de plus subversif que d’affirmer que ce qui est aurait aussi bien pu ne pas être ? Les romanciers se méfient de ceux qui transforment en valeur suprême la circonstance fortuite de leur lieu de naissance. » Face à ses rêves universalistes,...
Avec Assaut contre la frontière (Gallimard, 2026), la romancière franco-marocaine Leïla Slimani nous offre le cheminement d’une pensée au long cours autour de la langue arabe, de sa charge symbolique et de son statut de « langue fantôme » dans un système axiologique culturel intériorisé. Selon l’auteure, la question au centre de sa trilogie se pose sur un plan linguistique : « Pourquoi est-ce que je ne parle pas ma langue ? Cette langue arabe, qu’est-elle pour moi ? »Après le signifiant, c’est le signifié qu’interroge Leïla Slimani, tout en abordant la notion de littérarité et sa visée. « Qu’y a-t-il de plus subversif que d’affirmer que ce qui est aurait aussi bien pu ne pas être ? Les romanciers se méfient de ceux qui transforment en valeur suprême la circonstance fortuite de leur lieu de naissance....
commentaires (4)

Une langue est le fruit d’apports multiples, historiques et géographiques. Chacune offre un moyen d’appréhender la vie, celle du monde comme la sienne propre, d’une manière à la fois spécifique et universelle. Notre langue maternelle modèle et structure cette approche, sans l’y enfermer. Joyce Azar, journaliste belgo-libanaise, a créé DaarDaar, un site qui traduit chaque semaine en français, depuis 10 ans, une sélection d’articles publiés dans la presse flamande. Leïla Slimani, grâce à ses dons d’écrivaine, bâtit des ponts comparables, œuvres vitales de résistance et d’espérance. MERCI !

Rochat Philippe

12 h 25, le 11 mai 2026

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Commentaires (4)

  • Une langue est le fruit d’apports multiples, historiques et géographiques. Chacune offre un moyen d’appréhender la vie, celle du monde comme la sienne propre, d’une manière à la fois spécifique et universelle. Notre langue maternelle modèle et structure cette approche, sans l’y enfermer. Joyce Azar, journaliste belgo-libanaise, a créé DaarDaar, un site qui traduit chaque semaine en français, depuis 10 ans, une sélection d’articles publiés dans la presse flamande. Leïla Slimani, grâce à ses dons d’écrivaine, bâtit des ponts comparables, œuvres vitales de résistance et d’espérance. MERCI !

    Rochat Philippe

    12 h 25, le 11 mai 2026

  • Merci pour ce bel échange qui me donne bien envie de lire ce livre

    F. Oscar

    10 h 07, le 11 mai 2026

  • Je suis au milieu du dernier volume de la trilogie « Le Pays des autres », et j’ai hâte à lire ce nouvel essai dès que j’ai terminé le roman !

    Hacker Marilyn

    18 h 44, le 10 mai 2026

  • Lumineuses. L'interviewée et l'intervieweuse

    May Parent du Chatelet

    14 h 50, le 10 mai 2026

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