Le ministre allemand des Affaires étrangères Johann Wadephul (à droite) et son homologue israélien Gideon Saar se serrent la main après une conférence de presse au ministère des Affaires étrangères à Berlin, le 5 mai 2026. Photo AFP/RALF HIRSCHBERGER
Le chef de la diplomatie allemande a formulé mardi un soutien nuancé à l'invasion militaire israélienne au Liban, tout en critiquant la situation humanitaire à Gaza et « l'annexion de facto » en Cisjordanie, lors d'une visite de son homologue israélien à Berlin.
L'un des alliés les plus proches d'Israël du fait de la Shoah, l'Allemagne se montre plus critique avec Israël depuis la guerre à Gaza.
Mardi, après un entretien « axé sur les questions de sécurité », Johann Wadephul a vanté lors d'une conférence de presse commune avec Gideon Saar un « contact constant et étroit », mais « sans éluder les sujets difficiles ».
A commencer par la situation au Liban, où l'armée israélienne poursuit ses frappes, principalement dans le sud du pays, malgré une trève et a établi une zone de 10 km interdite d'accès à la presse et à la population.
« Israël n’a aucune ambition territoriale au Liban » et veut « protéger les citoyens » tant que « le Hezbollah et les autres factions terroristes » ne sont pas démantelées, a justifié le ministre israélien des Affaires étrangères.
Une position approuvée par Johann Wadephul, qui juge « nécessaire » le stationnement des troupes israéliennes dans la zone et « condamne avec la plus grande fermeté les attaques du Hezbollah ».
« Dans le même temps, le Liban ne doit pas devenir un théâtre de guerre où ce sont les civils qui paient le prix », a-t-il ajouté.
Il a encouragé les deux parties à poursuivre leurs pourparlers directs, qui « donnent des raisons d'espérer » selon lui.
Selon le ministère libanais de la Santé, les frappes israéliennes ont fait près de 2.700 morts et plus de 8.200 blessés depuis le 2 mars, date à laquelle le Hezbollah a entraîné Beyrouth dans la guerre régionale en attaquant Israël.
A Gaza, « l'aide humanitaire doit être nettement améliorée de toute urgence », a déclaré le ministre allemand, insistant que la stabilisation du territoire « contribue aussi à la sécurité d’Israël ».
Berlin voit aussi « avec une grande inquiétude » la politique de colonisation israélienne en Cisjordanie, « une annexion de facto » que « nous ne pouvons pas accepter » d'après M. Wadephul.
En parallèle, il a félicité la coopération germano-israélienne, notamment en matière de défense et de technologie.

