Le député du Hezbollah, Hassan Fadlallah, s’exprime lors d’un entretien avec un journaliste de l’AFP au Parlement libanais, à Beyrouth, le 20 avril 2026. Photo Anwar AMRO/AFP
Le député du Hezbollah, Hassan Fadlallah, a juré que sa formation mettra en échec les tentatives israéliennes de créer une zone tampon de facto au Liban-Sud ainsi qu’un « nouvel Antoine Lahad », en allusion à l'ancien leader de l’Armée du Liban-Sud (ALS). Cette milice supplétive a agi pour le compte de l'armée israélienne au sud du Liban entre 1984 et 2000, date à laquelle elle est dissoute après le retrait unilatéral de l'armée israélienne du Liban. Antoine Lahad s'était alors exilé en Israël, puis en France, où il décède en septembre 2015.
« Nous réaffirmons que la tentative de l’ennemi d’établir une ceinture de sécurité sur notre terre et de recréer un nouveau Antoine Lahad dans la région sera déjouée grâce aux sacrifices de la résistance et à la résilience de notre peuple », a déclaré au Parlement l'élu du caza de Bint Jbeil, rapporte l'Agence nationale d'information (Ani, officielle). Il n'a pas davantage élaboré ces accusations.
« Pas de couverture nationale pour les négociations »
En écho aux propos lundi de Naïm Kassem, secrétaire général du Hezbollah, le député a estimé que « quoi qu’elles fassent, les autorités libanaises ne pourront pas obtenir une couverture nationale pour leurs négociations directes avec l’ennemi » israélien.
Avant de lancer : « Face au spectacle quotidien de la mise à mort de civils sans défense dans le Sud et à la destruction systématique de nos villages frontaliers, il est nécessaire que les autorités et leurs relais sortent immédiatement des options de concession, cessent les discours d’incitation et de trahison, et mettent fin à l’hostilité envers une grande partie des Libanais, car cela sert l’ennemi d’une part et menace la stabilité ainsi que la formule de partenariat libanaise consacrée par l’accord de Taëf (1989, ayant permis de mettre fin à la guerre civile libanaise de quinze ans) d’autre part. »
Ces derniers jours, le Hezbollah et ses milieux s'en sont à plusieurs reprises vertement et publiquement pris au président de la République, Joseph Aoun, qui pilote les contacts directs entre Beyrouth et Tel-Aviv, inédits depuis 1983.

