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Dernières Infos - cessez le feu au liban 2026

Israël mène des attaques meurtrières au Liban-Sud : une journaliste tuée, une autre blessée à Tiri

Le Hezbollah dit avoir frappé une position israélienne à Bayada.

Israël mène des attaques meurtrières au Liban-Sud : une journaliste tuée, une autre blessée à Tiri

Un jeune garçon marche au milieu des décombres d’un bâtiment détruit par une frappe israélienne dans le village de Kfar Sir, au Liban-Sud, le 21 avril 2026. Photo by Anwar Amro / AFP

Malgré le cessez-le-feu en vigueur, l’armée israélienne a mené mercredi plusieurs attaques meurtrières au Liban-Sud, tout en poursuivant ses opérations de démolition dans la zone frontalière qu’elle cherche à transformer en « zone tampon ». À Tiri, deux journalistes ont été prises au piège sous les bombardements israéliens. Bloquées sur place après une frappe ayant visé un véhicule et fait deux morts, Amal Khalil, du quotidien al-Akhbar, et la photographe Zeinab Faraj n’ont pas pu être évacuées en raison de frappes à proximité. Amal Khalil a été retrouvée morte sous les décombres après de longues heures d’attente, tandis que Zeinab Faraj a été secourue, blessée.

La première frappe, qui a touché un véhicule en présence de civils et de journalistes, a tué ses deux occupants. Dans la foulée, l’armée israélienne a interdit l’accès de la zone aux ambulances, à la Croix-Rouge et à l’armée libanaise, compliquant l’évacuation des victimes.

Restées sur place, les deux journalistes ont vu plusieurs tentatives de secours se succéder. Une première équipe de la Croix-Rouge a pu récupérer les corps des victimes. Une seconde tentative d’évacuation des journalistes a ensuite été interrompue par une frappe de drone israélien à proximité immédiate.

Selon notre correspondant, Zeinab Faraj a été légèrement blessée à la tête et souffre d’une fracture à la jambe. Le véhicule de la Croix-Rouge qui la transportait vers l’hôpital public de Tebnine, où elle a été admise au bloc opératoire, a également été visé par des tirs israéliens, des impacts de balles étant visibles, selon l’Agence nationale d’information (ANI, officielle). La Croix-Rouge est ensuite revenue sur les lieux, accompagnée d’une pelleteuse pour déblayer les décombres. C’est peu après 23h qu’Amal Khalil a été retrouvée morte.

Dans un communiqué, le ministère libanais de la Santé a affirmé que l’armée israélienne a « poursuivi » les deux journalistes après la première frappe, en visant la maison où elles s’étaient réfugiées. Il accuse également Israël d’avoir entravé la mission de la Croix-Rouge, en lançant « une grenade assourdissante sur l’ambulance et en la prenant pour cible par des tirs », empêchant ainsi l’extraction d’Amal Khalil. Le ministère a appelé les « instances onusiennes et internationales à mettre fin à cette violation inhumaine par l’ennemi israélien, qui devra tôt ou tard rendre des comptes ».

Sur le plan politique, les autorités libanaises ont multiplié les contacts. Le président Joseph Aoun a suivi le dossier et a demandé la mobilisation de la Croix-Rouge en coordination avec l’armée et la Finul, appelant à la protection des journalistes. Le Premier ministre Nawaf Salam s’est entretenu avec le commandement de la Finul, tandis que le ministre de l’Information, Paul Morcos, a évoqué des « contacts intensifs et urgents ». Le Syndicat de la presse libanaise a dénoncé une « violation flagrante du droit international » et une tentative d’intimidation des médias.

Démolitions en série au Liban-Sud, qualifiées de « domicide » par Bint Jbeil

Par ailleurs, toujours mercredi, deux personnes ont été tuées et deux autres blessées à Yohmor el-Chakif, où un drone a visé un véhicule. Une autre frappe a touché la périphérie de Jabbour. Dans la nuit, une frappe aérienne sur les hauteurs de Jezzine, près de la Békaa Ouest, a fait un mort et deux blessés.

L'armée israélienne a poursuivi ses opérations de dynamitage dans de nombreuses localités situées dans la « zone tampon ». De fortes explosions ont été entendues à l’ouest de Meis el-Jabal, dans les environs de Markaba et à Qantara, deux fois à Khiam (toutes dans le caza de Marjeyoun) et dans la ville de Bint Jbeil, à Beit Lif (Bint Jbeil), et enfin Chamaa et à Bayada (Tyr), selon notre correspondant.

La municipalité de Bint Jbeil, principale ville de la zone frontalière, a dénoncé dans un communiqué les démolitions israéliennes, les qualifiant de « domicide », « urbicide » et « écocide » et appelé l’État libanais à « assumer pleinement ses responsabilités nationales et à agir d’urgence par les voies diplomatiques et juridiques afin de documenter ces crimes, (et) de les porter devant les instances internationales compétentes ». Israël a majoritairement détruit la ville, symbole pour le Hezbollah de ses confrontations avec Israël. Les municipalités de Meis el-Jabal (Marjeyoun) et Rchaf (Bint Jbeil) ont dénoncé à leur tour, plus tard dans la journée, « les opérations de destruction systématique » israéliennes dans leurs localités.

L'armée israélienne a également indiqué avoir « éliminé » deux personnes, qu'elle a qualifiée de « terroristes » qui avaient franchi la limite de la zone tampon imposée de facto dans le sud du Liban, et s'approchaient en direction de soldats opérant dans la zone, au niveau de la vallée de Slouki. Mardi, une frappe menée par un avion de chasse, la première du genre depuis le début du cessez-le-feu, avait visé la vallée de Wadi Houjeir, mais pas la vallée de Slouki. Aucune victime n'avait été signalée.

Par ailleurs, une nouvelle dépouille a été extraite des décombres de bâtiments bombardés à Tyr trois minutes avant le début de la trêve, dans la nuit du 16 avril. Le bilan grimpe à près de trente victimes, un disparu et plusieurs dizaines de blessés, selon la municipalité de Tyr.

Attaques du Hezbollah à Bayada, Qantara et Mansouri

Le Hezbollah a revendiqué, de son côté, une frappe avec un drone kamikaze, mercredi à 11h, contre une « position d'artillerie récemment établie » par l'armée israélienne à Bayada, sur le littoral au sud de Tyr. Le parti-milice affirme que « des flammes ont été observées » depuis le lieu ciblé.

Dans la soirée, le Hezbollah a indiqué avoir mené trois nouvelles attaques contre l’armée israélienne au Liban-Sud, affirmant avoir frappé à 18h, à l’aide d’un drone, un rassemblement de soldats israéliens et un véhicule de type Hummer à Qantara, dans le caza de Marjeyoun. Ces deux attaques ont été menées en riposte « aux frappes ayant visé un véhicule à Tiri et Yohmor el-Chakif », selon le parti-milice. Le Hezbollah a également affirmé avoir abattu quatre drones de reconnaissance de l’armée israélienne à Mansouri dans le caza de Tyr.

Selon l’armée israélienne, le Hezbollah avait lancé un drone en direction de ses forces opérant au sud de la « ligne de défense avancée », soit les contours de la zone tampon que l'État hébreu cherche à imposer dans le sud du Liban. Dans une publication sur X, la porte-parole arabophone de l’armée, Ella Waweya, a précisé que « le drone a été intercepté par l’armée de l’air et n’a pas pénétré en territoire israélien », ajoutant que « les sirènes d’alerte n’ont pas été activées, conformément à la politique en vigueur ». Elle a qualifié cet incident de « violation flagrante de l’accord de cessez-le-feu ».

Malgré le cessez-le-feu en vigueur, l’armée israélienne a mené mercredi plusieurs attaques meurtrières au Liban-Sud, tout en poursuivant ses opérations de démolition dans la zone frontalière qu’elle cherche à transformer en « zone tampon ». À Tiri, deux journalistes ont été prises au piège sous les bombardements israéliens. Bloquées sur place après une frappe ayant visé un véhicule et fait deux morts, Amal Khalil, du quotidien al-Akhbar, et la photographe Zeinab Faraj n’ont pas pu être évacuées en raison de frappes à proximité. Amal Khalil a été retrouvée morte sous les décombres après de longues heures d’attente, tandis que Zeinab Faraj a été secourue, blessée.La première frappe, qui a touché un véhicule en présence de civils et de journalistes, a tué ses deux occupants. Dans la foulée,...