Rumeysa Ozturk, étudiante turque Tufts University, s'exprime devant des journalistes après avoir demandé la restitution de son visa étudiant suite à son arrestation par la police de l'immigration, devant la cour fédérale de Boston, au Massachusetts, le 4 décembre 2025. Photo d'archives Nate Raymond/Reuters
Une étudiante turque propalestinienne, devenue une figure de la lutte pour la liberté d'expression aux Etats-Unis après son arrestation et sa détention par la police de l'immigration, a annoncé vendredi qu'elle rentrait dans son pays. Rumeysa Ozturk, doctorante à l'université Tufts dans le Massachusetts, avait été arrêtée en mars 2025 pour avoir co-signé un article dans son journal universitaire critiquant la façon dont l'établissement gérait le mouvement de contestation contre la guerre menée par Israël à Gaza.
Elle avait été détenue pendant six semaines en Louisiane, avant d'être remise en liberté sur ordre d'un juge fédéral, au nom du droit à la liberté d'expression. « J'ai décidé de rentrer chez moi comme prévu afin de poursuivre ma carrière de chercheuse, sans perdre plus de temps avec la violence d'Etat et l'hostilité que j'ai subies aux États-Unis, simplement pour avoir co-signé une tribune plaidant pour les droits des Palestiniens », a-t-elle déclaré dans un communiqué publié par l'American Civil Liberties Union (ACLU).
Pendant la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza, Donald Trump a pris pour cible les universités américaines, devenues l'épicentre du mouvement de protestation contre le conflit, en ordonnant aux services d’immigration d'expulser des étudiants étrangers ayant participé aux manifestations. Des images montrant six agents masqués traînant Rumeysa Ozturk dans la rue alors qu’elle se rendait à la rupture du jeûne du ramadan avec des amis avaient suscité une vague d'indignation.
« L'arrestation et la détention de Rumeysa par le gouvernement étaient illégales et préjudiciables, comme l'ont confirmé de nombreuses décisions de justice fédérales, qui ont établi que les autorités n'avaient aucun fondement à leurs actions », a déclaré Jessie Rossman, directrice juridique de l’American Civil Liberties Union (ACLU) du Massachusetts. Les procédures d'expulsion en cours contre la doctorante ont été abandonnées cette semaine dans le cadre d'un accord transactionnel conclu avec les autorités de l'immigration, a encore indiqué l'ACLU. « Après 13 années d'études intensives, je suis très fière d'avoir achevé mon doctorat et de pouvoir rentrer chez moi selon mon propre calendrier », a ajouté Rumeysa Ozturk, dont les recherches portent sur la psychologie de l'enfant.


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