Le ministre de l'Information en duplex sur le plateau de ABCnews le 4 avril 2026. Photo Ani
Le ministre libanais de l’Information, Paul Morcos, a déclaré, dans une interview à la chaîne américaine ABC News, que « ce qui se passe dans le sud du Liban constitue une escalade dangereuse aux dimensions humanitaires très préoccupantes », soulignant que « les attaques israéliennes ne se limitent pas à exercer une pression pour pousser les habitants à se déplacer, mais vont jusqu’à détruire systématiquement leurs maisons, ce qui constitue une politique de déplacement forcé et organisé ».
« Ce qui s’est produit à Gaza récemment offre un modèle frappant », a fait valoir M. Morcos, ajoutant que « cette approche reflète une volonté d’imposer des faits sur le terrain dans le Sud sous prétexte de protéger les civils israéliens, mais elle conduit en parallèle à une destruction massive de la vie du côté libanais ». Certains responsables israéliens ont d'ailleurs fait ce rapprochement à l'image du ministre des Finances Bezalel Smotrich, mais aussi du ministre de la Défense Israel Katz.
Dans la lignée des déclarations du chef du gouvernement libanais Nawaf Salam, le ministre a indiqué que « les propos du ministre israélien de la Défense se traduisent par des opérations d’invasion et d’occupation », estimant que « ce qui se passe réellement s’apparente à un 'nettoyage' du sud du Liban ». Il a ajouté que « les initiatives israéliennes sont désormais claires dans ce contexte, visant à atteindre leurs objectifs sécuritaires même au prix de la mort de civils libanais, y compris des journalistes ».
Le ministre de l’Information a enfin jugé que les autorités libanaises avaient adopté une position claire « pour étendre l’autorité de l’État dans le Sud, où l’armée libanaise a effectivement commencé à se déployer afin de contrôler et contenir les armes ». Toutefois, ce processus a rencontré des défis importants, notamment le besoin de soutien de la communauté internationale, qui nécessite du temps, ainsi que les attaques israéliennes, qui constituent un obstacle direct à l’achèvement du déploiement, affaiblissant ainsi la capacité de l’État libanais au lieu de la renforcer.
Concernant les efforts diplomatiques, M. Morcos a expliqué que « le président libanais Joseph Aoun, qui a récemment lancé une initiative pour négocier directement avec Israël, mène des consultations intensives avec les pays amis afin de mettre fin à la guerre ».
Plus de 1,1 million de personnes ont fui les zones les plus exposées à la guerre, qui a repris le 2 mars entre Israël et le Hezbollah, tandis que près de 1 400 personnes ont déjà été tuées par les bombardements israéliens au Liban.

