Le journaliste Rami Naïm, lors d’une interview sur Hala Arabia TV. Capture d’écran YouTube
Le procureur général près la Cour de cassation Jamal Hajjar a émis mercredi un mandat de recherche à l’encontre du journaliste proche des Forces libanaises, Rami Naïm, qui affirme cependant n'avoir pas été officiellement notifié.
« Personne ne m’a informé que j’étais appelé à comparaître. J’ai appris l’existence de cette mesure en lisant ce que publiaient les relais du Hezbollah sur les réseaux sociaux ainsi que sur certains sites partisans, sans qu’aucune notification officielle ne me parvienne », a-t-il déclaré dans une publication sur son compte X. Le journaliste a dénoncé à ce titre une justice « politisée », affirmant que « le camp du Hezbollah a été informé du signalement avant tout le monde », évoquant l’influence persistante de Wafic Safa, l’ancien chef de la sécurité du parti chiite.
Cette décision intervient alors que Rami Naïm a multiplié ces derniers jours les interventions médiatiques, notamment sur Hala Arabia TV, aux côtés de Walid Abboud, ainsi que sur d’autres plateformes comme Elsiyasa Plus, où il a tenu des propos particulièrement virulents à l'encontre du Hezbollah. Invité à se prononcer dans une séquence appelée « Blanc ou noir » dans le cadre d'une émission, M. Naïm a désigné le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu comme « blanc », affirmant que ce dernier lui avait offert un « cadeau » en le « débarrassant » du parti chiite.
Il a par ailleurs appelé explicitement à une intervention étrangère au Liban, estimant que si l’armée libanaise échouait à agir, le président syrien Ahmad el-Chareh devrait « entrer par la Békaa » pour « débarrasser » le pays du Hezbollah, tout en demandant « l’aide de quiconque peut nous débarrasser de ce cancer dans le corps libanais. » Il a ajouté que le Liban se dirigeait vers une guerre civile, assurant que « tout le monde est prêt et se prépare », même si cela se situerait, selon lui, au niveau des individus. Il a aussi fait savoir que tout le monde est « armé ».
Dans ses prises de parole, Rami Naïm a réclamé des mesures drastiques contre le Hezbollah, considérant que « toute personne affiliée » à la formation chiite « devrait être détenue, expulsée ou déclarée hors-la-loi par l’État ». Il a en outre estimé que « s’il reste quelque chose qui s’appelle Hezbollah après la guerre, il se retournera contre l’intérieur libanais et tentera de se venger ». Concernant l’armée libanaise, le journaliste a affirmé que la formation pro-iranienne serait en mesure de la prendre pour cible si la troupe tentait de la désarmer. Pour lui, « le plus grand danger qui menace l’entité, l’existence et l’identité du Liban, c’est le Hezbollah », ajoutant que « s’il n’est pas éliminé, nous aurons un problème », appelant à coopérer « avec n’importe qui ».
Ces propos ont été tenus alors que le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre au Moyen-Orient le 2 mars, en lançant des missiles sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien, Ali Khamenei, tué au premier jour de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran. Avec son engagement dans ce nouveau conflit, le parti chiite s'est attiré les foudres des autorités libanaises qui ont proclamé illégales ses activités militaires dès le lendemain de son entrée en guerre.


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