Le chef du parti Kataëb, Samy Gemayel, et le journaliste Walid Abboud, lors d'un entretien télévisé à Saïfi. Photo ANI
Le président du parti Kataëb, Samy Gemayel, opposant notoire au Hezbollah, a estimé dans un entretien télévisé diffusé mercredi soir que le parti chiite devrait être totalement désarmé avant l'organisation des futures élections législatives, théoriquement prévues pour mai 2026, afin d'en garantir la « liberté. » Le désarmement et le scrutin sont les deux dossiers brûlants de l'actualité politique libanaise, et tous deux au centre de tiraillements entre les différentes parties.
Dans son interview sur TéléLiban, la seule chaîne publique du pays, M. Gemayel a relevé le « flou » qui continue d'entourer la question controversée des modalités de vote pour les expatriés lors des législatives. Un article de la loi électorale de 2017 prévoit que six sièges soient ajoutés au 128 de l'hémicycle et réservés pour les candidats et électeurs de la diaspora. Une modalité dont l'application n'est pas encore claire et qui avait été annulée lors des deux précédents scrutins (2018 et 2022). Une partie de la classe politique souhaite que cet article soit amendé afin que les émigrés votent pour l'intégralité des 128 sièges, dénonçant une volonté de diluer, avec six parlementaires réservés, l'impact du vote de la diaspora sur les équilibres politiques. D'autres partis, comme le Hezbollah, le mouvement Amal et le Courant patriotique libre, s'opposent à un tel amendement. Le président du Parlement, Nabih Berry, également chef du mouvement Amal, refuse de soumettre ce dossier au vote à la Chambre et, en attendant, le gouvernement a fixé au 10 mai le scrutin, tandis que la majorité des forces s'accorde sur la possibilité d'un « report technique » de plusieurs mois.
Toutefois, selon Samy Gemayel, à part M. Berry, « la majorité parlementaire soutient le vote des expatriés pour les 128 (sièges) », mais le problème se situe notamment au niveau de la « liberté » des élections dans des zones « sous l'influence des armes », soit dans les régions où le Hezbollah est majoritaire. Il a dès lors appelé à ce que « les armes soient remises à l'Etat ou l'armée déployée avant l'échéance électorale ». Lors des derniers scrutins, des observateurs locaux avaient dénoncé des « pressions » sur les électeurs dans de nombreuses régions, y compris acquises au tandem chiite. Le gouvernement et le ministère de l'Intérieur doivent « prendre des décisions courageuses afin de contrôler les armes et de les limiter à l’armée libanaise », a-t-il insisté, mettant en garde contre « le maintien du pays dans un marécage où chaque partie tente de tirer le Liban dans la direction qu’elle souhaite ». Il a ajouté que « la communauté chiite est un partenaire essentiel et fondateur du Liban et doit se sentir rassurée », soulignant que son différend est avec le Hezbollah, « un instrument d’exécution des politiques de Téhéran au Liban » et non avec sa communauté. « La théorie de la résistance armée a été essayée et a échoué », a encore ajouté M. Gemayel. Et d'insister : « même à l’apogée de sa force, avec Sayyed Hassan (Nasrallah, l'ancien chef du Hezbollah, assassiné par Israël, ndlr) et les missiles balistiques, elle a échoué ».


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