De g. à d. : le ministre des Finances Yassine Jaber, le Premier ministre Nawaf Salam, la directrice du FMI Kristalina Georgieva et le ministre de l’Économie Amer Basat, à Davos le 25 janvier 2026. Photo publiée sur le compte du Grand Sérail.
Le Fonds monétaire international veut que le Liban intègre « des dispositions plus claires sur la hiérarchie des responsabilités » dans le projet de loi sur le rétablissement de l’ordre financier et la restitution des dépôts, communément appelée « loi sur le trou financier ».
Le chef du gouvernement, dont les propos sont rapportés par l'agence Reuters, fait référence à un principe défendu par le FMI avant de répartir la charge du remboursement des dépôts, à savoir que les actionnaires des banques soient les premiers à être ponctionnés avant de calculer la participation des déposants et de l’État aux pertes, conformément aux standards internationaux dans ce domaine.
« Nous voulons engager un dialogue avec le FMI. Nous voulons améliorer les choses. Il s’agit d’un projet de loi. Ils souhaitent que la hiérarchie des responsabilités soit plus claire. Les discussions sont toutes positives », a déclaré le Premier ministre en marge de la réunion annuelle du Forum économique mondial de Davos, en Suisse, avant son départ pour la France. « Nous voulons un programme du FMI et nous voulons poursuivre nos discussions jusqu’à ce que nous y parvenions », a-t-il poursuivi ajoutant : « La pression internationale est réelle… Plus nous tardons, plus l’argent des gens s’évapore ».
Un tunnel « profond et sombre »
C’est la première fois que le chef du gouvernement évoque aussi clairement ce point que le Fonds monétaire avait déjà défendu par le passé et qui est la raison centrale de son opposition à l’approche du projet notamment défendu par le gouverneur de la Banque du Liban, Karim Souhaid. Ce dernier impose des audits et un examen de la qualité des actifs, mais laisse subsister une partie des fonds propres des banques. Le FMI insiste pour que le principe soit appliqué avant toute chose et sans ambiguïté.
Dans un entretien donné au site Bloomberg la veille, Nawaf Salam avait réagi aux informations de presse parues la semaine dernière indiquant que le FMI avait rejeté le projet. « Le terme 'rejet' est exagéré. Le FMI a dit qu’il ne pouvait pas approuver le projet tel quel et a recommandé certains amendements (…) Notre objectif est d’avoir un programme acceptable et une loi qui convienne au FMI, mais ce n’est pas un diktat. Nous négocierons et nous sommes confiants de trouver des solutions appropriées sur les points en suspens et sur lesquels le Fonds monétaire a des réserves », avait-t-il insisté sans toutefois évoquer les points d’achoppements.
Également présent à Davos, le ministre des Finances Yassine Jaber a déclaré à Reuters qu’il était essentiel de sauver un système bancaire vidé de sa substance et d’empêcher le pays de s’enfoncer davantage dans une économie paralysée, fonctionnant uniquement avec une économie du cash. Ne pas agir, a-t-il ajouté, laisserait le Liban « piégé dans un tunnel profond et sombre » sans possibilité de retour vers un système fonctionnel.
« Le Liban est devenu une économie de cash, et la vraie question est de savoir si nous voulons rester sur la liste grise (du Groupe d’action financière sur la laquelle le Liban a été réinscrit en 2024, Ndlr) ou avancer à l’aveugle vers la liste noire », a conclu Jaber.



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