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Nomination controversée aux douanes : Salam évoque à son tour la « présomption d'innocence »


Nomination controversée aux douanes : Salam évoque à son tour la « présomption d'innocence »

Gracia Azzi, nouvelle directrice générale des douanes libanaises. Photo qui circule sur les réseaux sociaux

Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a évoqué à son tour samedi la « présomption d'innocence » face au tollé provoqué par la nomination jeudi à la tête de la Direction des douanes de Gracia Azzi, une fonctionnaire poursuivie dans le cadre de l’enquête sur l’explosion meurtrière de 2020 au port de Beyrouth, ainsi que dans une affaire de corruption qui remonte à 2018. Il a toutefois précisé que cette nomination « ne saurait constituer une protection » pour Mme Azzi en cas de condamnation, et appelé en parallèle « la justice à poursuivre son cours en toute indépendance », dans un message publié sur son compte X.

Tout en disant comprendre « les sentiments d’inquiétude, en particulier parmi les familles des martyrs et des victimes de l’explosion du port de Beyrouth », qui ont appelé vendredi le gouvernement à revenir « immédiatement sur cette nomination », le Premier ministre a tenu dans son message à souligner que « la présomption d’innocence constitue un pilier fondamental de la justice ». « Cela signifie que tant qu’aucun jugement n’a été rendu à l’encontre d’une personne, celle-ci a le droit d’exercer pleinement ses droits, y compris celui d’être nommée au sein des administrations publiques », a explicité M. Salam, ancien président de la Cour internationale de justice (CIJ).

Le ministre de l’Information, Paul Morcos, avait rappelé jeudi, lors d’un point de presse à l’issue du Conseil des ministres, que « la loi n’interdit pas cette nomination tant que la présomption d’innocence demeure. »

Nawaf Salam a tenu par ailleurs à réaffirmer auprès des familles des victimes de l'explosion au port de Beyrouth, dont l'avancée de l'enquête piétine plus de cinq ans après le drame, son « engagement en faveur de l’établissement de la vérité complète dans cette affaire (...) sans aucune protection accordée à quiconque au détriment de la loi. » Avant de conclure : « Que la justice poursuive son cours en toute indépendance, afin que, lors du prononcé de ses décisions, elle en tire toutes les conséquences nécessaires et tienne pour responsables ceux qui doivent l’être, quel que soit le poste qu’ils occupent. »

Contacté vendredi par notre publication, un expert juridique, ayant requis l’anonymat, a affirmé que la nomination de Gracia Azzi, qui a fait carrière dans l'administration des douanes, ne pose pas de problème d’un point de vue légal vu qu’il n’y a pas de jugement à son encontre. « Les poursuites ne suffisent pas à empêcher une nomination. Mais la question qui se pose est pourquoi le gouvernement a-t-il procédé à la nomination d’une personne poursuivie, notamment aux douanes, qui est une fonction très délicate ? », a-t-il demandé.

Une gigantesque explosion a ravagé le port de Beyrouth et ses quartiers environnants le 4 août 2020, faisant 235 morts, 6 500 blessés, et détruisant ou endommageant 77 000 bâtiments alors qu'environ 300 000 personnes se retrouvaient sans abri. De nombreux responsables, dont des hauts fonctionnaires et employés des douanes, des magistrats, des chefs sécuritaires et des ex-ministres, ont fait l'objet de poursuites du juge d'instruction Tarek Bitar dans cette affaire, concernant entre autres la mauvaise gestion et le stockage, sans mesures de sécurité, des plusieurs milliers de tonnes de nitrate d'ammonium à l'origine de la détonation.

Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a évoqué à son tour samedi la « présomption d'innocence » face au tollé provoqué par la nomination jeudi à la tête de la Direction des douanes de Gracia Azzi, une fonctionnaire poursuivie dans le cadre de l’enquête sur l’explosion meurtrière de 2020 au port de Beyrouth, ainsi que dans une affaire de corruption qui remonte à 2018. Il a toutefois précisé que cette nomination « ne saurait constituer une protection » pour Mme Azzi en cas de condamnation, et appelé en parallèle « la justice à poursuivre son cours en toute indépendance », dans un message publié sur son compte X.Tout en disant comprendre « les sentiments d’inquiétude, en particulier parmi les familles des martyrs et des victimes de l’explosion du port de Beyrouth », qui ont appelé vendredi le...