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Moyen-Orient - Grand Angle

Baassisme : aux origines d’une sanglante utopie

La chute du régime Assad, le 8 décembre 2024, est venue clore officiellement l’ère d’une idéologie issue du nationalisme arabe, dont l’Irak et la Syrie furent les deux bastions.

Baassisme : aux origines d’une sanglante utopie

Bachar el-Assad (à gauche) remercie le peuple syrien au 7e jour de la mort de son frère Bassel. À ses côtés son père, le président Hafez el-Assad, le 28 janvier 1994. Photo SANA/Archives L’Orient-Le Jour

Damas, 17 mars 1963. Devant la caméra de la RTF, interviewé par le journaliste français Jacques Abouchar, Michel Aflak, comme à son habitude, se montre laconique. La région est en ébullition. En moins d’un mois, le Baas s’est emparé du pouvoir en Irak lors du coup d’État du 8 février 1963, puis en Syrie, vingt-huit jours plus tard. Le cofondateur du parti et théoricien du baassisme, répond d’une voix lente, parsemée de silences hésitants. « Comment se fait-il que vous ne figuriez pas dans l’équipe ministérielle syrienne ? » lui demande Jacques Abouchar. « Vous savez bien que le Baas existe dans plusieurs pays arabes. Je suis le secrétaire général de la direction nationale (au sens panarabe, NDLR) de ce parti et je n’appartiens pas à un seul pays », rétorque Michel Aflak, avant de défendre la perspective d’une union politique qui...
Damas, 17 mars 1963. Devant la caméra de la RTF, interviewé par le journaliste français Jacques Abouchar, Michel Aflak, comme à son habitude, se montre laconique. La région est en ébullition. En moins d’un mois, le Baas s’est emparé du pouvoir en Irak lors du coup d’État du 8 février 1963, puis en Syrie, vingt-huit jours plus tard. Le cofondateur du parti et théoricien du baassisme, répond d’une voix lente, parsemée de silences hésitants. « Comment se fait-il que vous ne figuriez pas dans l’équipe ministérielle syrienne ? » lui demande Jacques Abouchar. « Vous savez bien que le Baas existe dans plusieurs pays arabes. Je suis le secrétaire général de la direction nationale (au sens panarabe, NDLR) de ce parti et je n’appartiens pas à un seul pays », rétorque Michel Aflak, avant de défendre la...
commentaires (9)

Pour la citation de Robert Montagne, la référence est : Persée, le traité franco-syrien, in Politique étrangère, numéro 5-1936- 1er année, pp34-54 Pour la citation de T.E.Lawrence, les sept piliers de la sagesse, Petite bibliothèque Payot, 2006, p.457

BOUSTANI François

14 h 34, le 05 février 2026

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Commentaires (9)

  • Pour la citation de Robert Montagne, la référence est : Persée, le traité franco-syrien, in Politique étrangère, numéro 5-1936- 1er année, pp34-54 Pour la citation de T.E.Lawrence, les sept piliers de la sagesse, Petite bibliothèque Payot, 2006, p.457

    BOUSTANI François

    14 h 34, le 05 février 2026

  • C'est un message pour M. François Boustani: pourriez-vous me donner la référence de votre citation d'Orwell. Mille merci par avance

    Romandarius

    14 h 49, le 04 février 2026

  • Excellent article ! Merci Soulayma H Barakat

    BARAKAT Hoda

    12 h 06, le 26 janvier 2026

  • Michel et Salahedine vivaient-ils dans un Lala land de leur imagination ou n'avaient ils point lu l'histoire de notre région... only the shadow knows

    Wlek Sanferlou

    15 h 29, le 25 janvier 2026

  • T.E. Lawrence fait preuve d’une grande lucidité en écrivant dès 1922 « Le levant demeure une mosaïque raciale et religieuse aux contours bien marqués. Tout essai de large unification aboutirait forcément à un ouvrage fait de pièces et de morceaux et à une administration déplaisante pour un peuple que ses instincts ramenaient toujours à une organisation locale et familiale ».

    BOUSTANI François

    09 h 41, le 25 janvier 2026

  • La réalité est que malgré une langue commune, le monde arabe compte cinq entités historiques différentes : en plus du Levant, le Maghreb, l’Égypte, la péninsule arabique et la Mésopotamie. Le Levant malgré sa diversité, présente une certaine unité, c’est la même cuisine à Beyrouth et à Damas, le même dialecte en Syrie et au Liban et les mêmes communautés répartis sur l’ensemble de ce territoire. Mais le Levant est une mosaïque communautaire marquée par les ressentiments, les peurs ancestrales. Toute tentative d'unification est vouée à l'échec.

    BOUSTANI François

    09 h 41, le 25 janvier 2026

  • Merci madame pour cet article remarquable. Il faut ajouter que la dérive du nationalisme arabe était prévisible. Dans un article prémonitoire écrit en 1936 à l’occasion du traité franco-syrien, l’anthropologue, islamologue et professeur au Collège de France, Robert Montagne conclut à propos du nationalisme arabe « … Il dépend de la sagesse des élites que cette grande vague d’enthousiasme soulevée par les écrivains, les poètes, les chefs de guerre et les orateurs, qui entraîne et soulève les masses, ne vienne pas se briser sur le rocher des dures réalités. »

    BOUSTANI François

    09 h 35, le 25 janvier 2026

  • Excellent article!

    Alexandra

    06 h 58, le 25 janvier 2026

  • ""…et je n’appartiens pas à un seul pays », rétorque Michel Aflak"", Animé par cette utopie, cette déclaration vaut tant d’explications. La conclusion : ""Face à l’inconnu, les sociétés se raccrochent parfois aux reliques du monde d’avant""… et surtout au repli identitaire/religieux. L’idée que la dictature baasiste-alaouite a permis une certaine "stabilité" à la Syrie, n’a plus de sens. Cet article est à mes yeux, et c’est surement subjectif, une suite à : ""L’enfer, c’est les autrtes : pourquoi le monde arabe peine à s’émanciper du confessionnalisme"" du 24 août dernier. Passionnant.

    nabil

    02 h 07, le 25 janvier 2026

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