Les ordures commençaient à s'empiler dans les rues de Tripoli lundi matin, le 3 novembre 2025, avant que les contacts de la municipalité ne mettent fin provisoirement à la grève de Lavajet, la société en charge de la collecte. Photo Michel Hallak
La société de collecte des déchets Lavajet a observé une grève de plusieurs heures à Tripoli lundi matin, comme elle l’avait annoncé jeudi dernier dans un communiqué. La compagnie, qui est liée par un contrat avec la Fédération des municipalités de Tripoli-al-Fayhaa, dénonce le non renouvellement depuis le 30 juin de son contrat expiré, alors qu'elle poursuit son travail sur la simple base d’un accord oral avec la fédération. L’appel d’offres pour désigner un nouvel entrepreneur n’a pas encore eu lieu, et la compagnie n’a plus perçu ses dus depuis avril dernier.
Joint au téléphone par L’Orient-Le Jour, le général Saïd el-Rez, directeur de Lavajet pour la municipalité de Tripoli, confirme que la grève a duré plusieurs heures mais que « la compagnie y a mis fin suite à des contacts avec les autorités concernées, notamment le ministre de l’Intérieur Ahmad Hajjar, qui a promis de soulever cette question en Conseil de ministres jeudi prochain ».
Vendredi dernier, Waël Zmerly, président de la fédération, avait confié à L’OLJ que « l’affaire est entre les mains du ministre de l’Intérieur » qui « devrait signer le document afin que la prorogation du contrat de Lavajet devienne légale ».
Selon le général el-Rez, Lavajet a repris la collecte des déchets lundi en accélérant le rythme car les ordures commençaient à s’entasser dans les rues, et qu’il fallait rattraper le retard. « La grève nous porte préjudice en premier lieu, mais nous n’avions plus d’autre choix pour nous faire entendre », assure-t-il.
De son côté, la municipalité de Tripoli a annoncé lundi, dans un communiqué relayé par notre correspondant Michel Hallak, que « le président du conseil municipal Abdel Hamid Karimé a effectué de nombreux contacts le matin, notamment avec le ministre de l’Intérieur et Sarkis Azhour, propriétaire de Lavajet, afin de s’assurer que la collecte reprendra ». « Suite à ces contacts, la société a repris la collecte dans les rues de Tripoli, en attendant que les mesures administratives nécessaires pour la prorogation du contrat depuis le 30 juin soient finalisées, ce qui est prévu au cours de la prochaine réunion du Conseil des ministres », poursuit le texte.
La ville de Tripoli souffre, comme beaucoup d’autres localités, d’une gestion déficiente des déchets. Outre ce problème récurrent avec les contrats de collecte, la principale décharge de la ville sera saturée d’ici à six mois, sans solution définitive à l’horizon, nous apprend Jalal Halwani, expert en environnement et habitant de la ville.

