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Au procès en appel des viols de Mazan, Gisèle Pelicot face à un dernier accusé


Gisele Pelicot (à droite), flanquée de l'avocate française Morgane Fancette (à gauche), dans la salle d'audience, avant le procès en appel dans l'affaire Mazan au tribunal de Nîmes, dans le sud de la France, à Nîmes, le 6 octobre 2025. Photo AFP/CHRISTOPHE SIMON

Un an après le procès en France des viols de Mazan, qui a retenti dans le monde entier, Gisèle Pelicot est à nouveau confrontée depuis lundi à Nîmes (sud) à un de ses agresseurs présumés, le seul à avoir maintenu son appel contre sa condamnation.

Dans une veste rose, soutenue par l'un de ses fils, elle est arrivée souriante au tribunal, sous les applaudissements mais sans faire de déclaration.

Devant le palais, des soutiens brandissaient des pancartes comme « Ras le viol » ou « Violeurs, la honte ».

Cette mère de famille avait été violée pendant une dizaine d'années chez elle par des dizaines d'inconnus à l'instigation de son mari, qui la droguait préalablement.

En première instance, 51 accusés avaient été jugés lors d'un procès fleuve où de lourdes peines avaient été prononcées.

Condamné alors à neuf ans de prison, l'accusé ayant maintenu son appel, Husamettin Dogan, ex-ouvrier du bâtiment de 44 ans qui comparaît libre, notamment pour raisons de santé, encourt à nouveau 20 ans de réclusion.

Lundi, il est entré au tribunal le visage dissimulé derrière une casquette, un masque et des lunettes, marchant en s'appuyant sur une béquille.

La pression sur lui est forte car, à l'inverse du premier procès, il concentre sur lui seul l'intérêt médiatique.

« Je n'ai jamais voulu violer cette dame », a-t-il déclaré d'emblée. « Je n'ai jamais su qu'elle était droguée, il ne m'a jamais dit ça son mari ».

- « Vous l'avez pénétrée mais personne ne vous a dit qu'elle était inconsciente ? », l'interroge le président de la cour, Christian Pasta.

« Je l'ai appris en garde à vue », assure l'accusé.

Pelicot, « figure paternelle » ? 

Plus de 100 journalistes du monde entier sont à nouveau accrédités pour ce procès.

L'accusé est jugé pour des « viols aggravés » sur Mme Pelicot, la nuit du 28 juin 2019 au domicile du couple à Mazan, dans le sud de la France.

Selon un de ses avocats, il pensait participer à une soirée libertine consentie et s'est fait « piéger » par l'époux, Dominique Pelicot, dont la victime a divorcé depuis.

Reconnu comme étant le « chef d'orchestre » des viols, M. Pelicot avait été condamné l'an dernier à 20 ans de prison, et n'a pas fait appel.

Si l'accusé souffre d'une « faille narcissique » en raison d'une enfance compliquée, avec un père absent et selon lui violent, « il n'y a pas de déficit, de défaut caractérisé à penser ce que l'autre peut vivre » et il aurait pu réagir à une « situation de détresse », a souligné lundi l'expert psychologue Annabelle Montagne.

« Au moment de ses agissements, il avait un rapport tout à fait normal avec la réalité. S'il a transgressé un interdit, il l'a fait en toute connaissance de cause », a abondé le psychiatre Laurent Layet.

En revanche, l'accusé a pu considérer Dominique Pelicot, âgé de presque 20 ans de plus que lui et qui pouvait incarner « un rôle de dominant auprès d'un certain nombre de mis en examen », comme une figure paternelle, a estimé l'experte.

Point immédiatement souligné par la défense: « l'experte est venue confirmer que M. Dogan pouvait être un personnage dominé par une figure puissante et y compris qui pouvait symboliser une figure paternelle », a insisté devant la presse Me Jean-Marc Darrigade, lors d'une suspension d'audience.

« Il a toujours ressenti le fait d'être allé chez un couple qu'il pensait libertin et s'être retrouvé piégé par un homme qui, on l'a su ensuite, cyniquement, abusait de sa femme depuis de nombreuses années », a poursuivi l'avocat, confirmant la ligne de défense de son client sur un Dominique Pelicot « manipulateur ».

Version que ce dernier contestera mardi quand il comparaîtra comme simple témoin. Il répètera que « tous savaient » qu'ils venaient violer une femme préalablement sédatée par ses soins, a assuré son avocate en amont du procès.

Gisèle Pelicot, 72 ans, avait été érigée en icône féministe il y a un an pour avoir clamé que « la honte doit changer de camp », refusant que le procès en première instance se déroule à huis clos.

L'accusé sera confronté de nouveau aux vidéos des faits, filmés et méticuleusement archivés par Dominique Pelicot, sur lesquelles on le voit notamment pénétrer à plusieurs reprises la victime, endormie et ronflant.

Gisèle Pelicot a donné son accord pour qu'elles soient diffusées à l'audience sans huis clos, à condition de laisser le temps à son fils de sortir. « Demain, s'il y a un public jeune ou émotif, je leur demanderai de quitter la salle », a fait savoir le président la cour.

Un an après le procès en France des viols de Mazan, qui a retenti dans le monde entier, Gisèle Pelicot est à nouveau confrontée depuis lundi à Nîmes (sud) à un de ses agresseurs présumés, le seul à avoir maintenu son appel contre sa condamnation.Dans une veste rose, soutenue par l'un de ses fils, elle est arrivée souriante au tribunal, sous les applaudissements mais sans faire de déclaration.Devant le palais, des soutiens brandissaient des pancartes comme « Ras le viol » ou « Violeurs, la honte ». Cette mère de famille avait été violée pendant une dizaine d'années chez elle par des dizaines d'inconnus à l'instigation de son mari, qui la droguait préalablement.En première instance, 51 accusés avaient été jugés lors d'un procès fleuve où de lourdes peines avaient été prononcées.Condamné alors à neuf ans...