Un homme portant un drapeau israélien. AFP
David Zini, le nouveau patron du Shin Bet, ne fait pas l’unanimité en Israël: ses positions jugées radicales et son opposition présumée à un cessez-le-feu à Gaza lui valent les critiques des familles d'otages, mais aussi les éloges de l'extrême droite. A 51 ans, il a été nommé jeudi par le Premier ministre Benjamin Netanyahu à la tête du Shin Bet,le service israélien de sécurité intérieure, près de deux ans après le début de la guerre dans la bande de Gaza déclenchée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas en Israël le 7 octobre 2023.
La nomination de David Zini a suscité de vives critiques en Israël, en particulier des familles des otages enlevés le 7-Octobre et toujours retenus à Gaza. Ce général à la retraite de l'armée israélienne serait opposé aux négociations pour la libération des otages et aurait déclaré que le conflit avec les militants palestiniens était « une guerre éternelle », selon des propos rapportés dans la presse qui avaient suscité l'indignation des proches des otages.
A l'inverse, les membres de la coalition d'extrême droite du gouvernement ont salué cette nomination vendredi matin. « Félicitations au général de division Zini (...) Le moment est venu de corriger le tir », a écrit le ministre des Finances Bezalel Smotrich sur les réseaux sociaux. Fils d'émigrés venus de France et petit-fils d'une survivante du camp d'extermination nazi d'Auschwitz, David Zini a été contraint de démissionner de l'armée en mai après avoir mené un entretien secret avec Benjamin Netanyahu pour le poste au Shin Bet sans en informer son supérieur, le chef d'état-major Eyal Zamir, selon les médias israéliens.
« La plus alarmante »
Lors de sa cérémonie d'adieu en juin, il avait relancé la polémique en se décrivant comme « messianique », un terme associé dans le débat politique israélien à la droite religieuse la plus dure, notamment parmi les colons. « Nous sommes tous messianiques, comme David Ben Gourion et les pères fondateurs de la nation », a-t-il déclaré, selon des médias israéliens. « Dites-moi ce qu'est le messianisme et je vous dirai si je suis messianique. Messianique n'est pas un gros mot », a-t-il ajouté, selon les mêmes sources.
Les médias israéliens rapportaient l'année dernière que M. Netanyahu lui-même avait précédemment estimé, après un entretien avec lui, que le général Zini était « trop messianique » pour un autre poste. M. Netanyahu a démenti en mai avoir tenu de tels propos, affirmant dans une vidéo: « Je le connais depuis 18 ans… Il était en tête de ma liste. Je pense qu’il fera un excellent chef du Shin Bet. »
Juif pratiquant, père de 11 enfants, M. Zini appartient au courant du sionisme religieux, pilier idéologique de la colonisation. Le quotidien de gauche Haaretz a mis en garde contre « la nomination la plus alarmante de Netanyahu à ce jour ». Selon le journal, M. Zini a critiqué en privé la justice, la qualifiant de « dictature qui contrôle tout le pays », dans un contexte marqué en 2023 par des manifestations massives contre les réformes judiciaires du gouvernement.
Son entourage familial suscite également des critiques: son père, le rabbin Yosef Zini, a rejoint en 2021 le parti anti-LGBTQ Noam, tandis que son frère Shmuel est présenté dans la presse comme proche du milliardaire américain Simon Falic, un allié de Netanyahu. Son prédécesseur Ronen Bar avait lancé une enquête sur de possibles financements qataris versés à des proches de M. Netanyahu, une affaire surnommée « Qatargate ».


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