Le gouvernement suédois a annoncé mercredi son intention d'abaisser l'âge de la responsabilité pénale de 15 à 13 ans afin de lutter contre l'essor du recrutement d'enfants par des réseaux criminels organisés.
Depuis plus de dix ans, le pays scandinave s'efforce de contenir la multiplication des crimes perpétrés par ces réseaux, liés principalement à la lutte pour le contrôle du marché de la drogue.
« Le nombre de crimes présumés impliquant des enfants de moins de 15 ans a doublé en dix ans. Et les suspects de fusillades mortelles sont de plus en plus jeunes », écrivent le gouvernement de coalition de droite et son allié d'extrême droite, les Démocrates de Suède, dans un article publié par le quotidien Expressen. « Cette évolution doit être stoppée », ajoutent-ils.
Les adolescents sont recrutés sur des applications chiffrées pour commettre des crimes en échange d'argent, les donneurs d'ordre évitant ainsi d'être repérés et profitant de l'absence de longue peine de prison pour ces jeunes en raison de leur âge. « Nous nous sommes entendus pour abaisser l'âge de la responsabilité pénale à 13 ans pour certains crimes graves tels que le meurtre et les attaques aggravées à l'explosif », écrit le gouvernement, ajoutant que la mesure serait mise en place pour une période limitée à cinq ans.
Le gouvernement de droite est arrivé au pouvoir en 2022 en promettant de lutter contre la criminalité organisée.
Trois ans après et alors que les élections sont prévues en septembre 2026, le pays est toujours le théâtre de fusillades et d'attaques à l'engin artisanal quasi quotidiens, qui font parfois des victimes innocentes. Les fusillades mortelles ont diminué ces dernières années, mais les attaques à l'engin explosif ont augmenté, selon les statistiques.
Pour l'organisation de défense des droits de l'enfant BRIS, cette mesure risque d'être « contre-productive ». « La police a indiqué qu'elle voyait un grand risque que les gangs criminels recrutent des enfants encore plus jeunes », a déclaré Maria Frisk, secrétaire générale de BRIS.
Le gouvernement a énuméré d'autres mesures qu'il avait prises ou qu'il allait prendre pour lutter contre la criminalité juvénile. Il s'agit notamment de créer des quartiers pénitentiaires spéciaux pour les jeunes au lieu du système actuel de foyers pour jeunes, d'abolir les peines plus clémentes pour les jeunes et de permettre à la police d'utiliser des mesures coercitives à l'encontre des enfants pour atteindre les donneurs d'ordre.
Le gouvernement n'a pas précisé quand le changement d'âge entrerait en vigueur.


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