Exécutions, maisons incendiées, corps abandonnés… à la rencontre des déplacés bédouins de Soueida
Près d’un millier d’Arabes sunnites ont été séquestrés dans la mosquée de Chahba jeudi 18 juillet, jusqu’à leur libération dimanche à la suite d’un échange avec le camp opposé.
OLJ / Caroline HAYEK, envoyée spéciale dans la province de Deraa,
le 23 juillet 2025 à 14h12
Jassim al-Khalaf, sa femme et leurs enfants, à l'école du village d'al-Mismiya, déplacés de la province de Soueida. Photo prise le 22 juillet. Photo Caroline HAYEK/L'Orient-Le Jour
Soumou a failli être jeté sur le bas-côté de la route. C’est du moins ce que dit dans un calme la jeune Waad en serrant ce dernier, un nourrisson de quinze jours, contre sa poitrine. Cette Bédouine et ses quatre aînés, de 8, 7, 5 et 3 ans, ont fui seuls, sans eau et sans vivres pendant des heures, avant d’être rattrapés jeudi dernier aux abords du village de Chahba, au nord de Soueida, par des combattants de factions druzes. « Dans la panique, j’ai pensé abandonner mon petit, car les quatre autres étaient à la traîne. Quelle idée de l’appeler Soumou (altesse en arabe), j’aurai dû l’appeler Qassef (bombardements) », lâche-t-elle sans ironie. Sa belle-sœur Nesrine n’a emporté avec elle que son livret de famille dans un sac en plastique. « Nous avons tout perdu. Nous ne possédions déjà pas grand-chose mais c’est l’éternel sort des pauvres...
Soumou a failli être jeté sur le bas-côté de la route. C’est du moins ce que dit dans un calme la jeune Waad en serrant ce dernier, un nourrisson de quinze jours, contre sa poitrine. Cette Bédouine et ses quatre aînés, de 8, 7, 5 et 3 ans, ont fui seuls, sans eau et sans vivres pendant des heures, avant d’être rattrapés jeudi dernier aux abords du village de Chahba, au nord de Soueida, par des combattants de factions druzes. « Dans la panique, j’ai pensé abandonner mon petit, car les quatre autres étaient à la traîne. Quelle idée de l’appeler Soumou (altesse en arabe), j’aurai dû l’appeler Qassef (bombardements) », lâche-t-elle sans ironie. Sa belle-sœur Nesrine n’a emporté avec elle que son livret de famille dans un sac en plastique. « Nous avons tout perdu. Nous ne possédions déjà pas grand-chose...
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Que ferait-on, que saurait-on sans les journalistes ?
Qui mesure les risques qu’ils et elles prennent, la violence des scènes auxquelles ils assistent, la souffrance intérieure qu’ils assument pour nous donner accès à la réalité ?
Si nous acceptions d’entendre vraiment ne serait-ce que la moitié de ce dont elles et ils témoignent, l’histoire, j’en suis convaincu, s’écrirait autrement.
Merci, Madame Hayek, merci, vous ses collègues !
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Que ferait-on, que saurait-on sans les journalistes ? Qui mesure les risques qu’ils et elles prennent, la violence des scènes auxquelles ils assistent, la souffrance intérieure qu’ils assument pour nous donner accès à la réalité ? Si nous acceptions d’entendre vraiment ne serait-ce que la moitié de ce dont elles et ils témoignent, l’histoire, j’en suis convaincu, s’écrirait autrement. Merci, Madame Hayek, merci, vous ses collègues !
14 h 56, le 24 juillet 2025