Le ministre de la Culture, Ghassan Salamé, recevant une délégation de familles des victimes de l’explosion du port de Beyrouth dans son bureau à Beyrouth, le 22 juillet 2025. Photo ANI
À moins de deux semaines de la commémoration du cinquième anniversaire de l’explosion au port de Beyrouth, une délégation des familles des victimes a été reçue par le ministre libanais de la Culture, Ghassan Salamé, puis par le ministre de l'Information Paul Morcos.
M. Salamé a reçu à son bureau à la Bibliothèque nationale la délégation de familles de victimes de l’explosion au port de Beyrouth, accompagnée d’un groupe de la campagne de sensibilisation al-Chahed al-Samet (« Le Témoin silencieux »), un représentant de la chambre d’accusation, ainsi qu’un groupe d’ingénieurs et d’associations œuvrant à la préservation du patrimoine et des structures culturelles. L’architecte-conseil Jad Tabet était également présent.
Les familles des victimes du 4 août ont prévu de tenir une conférence de presse mercredi à 12h au Club de la presse dans l’immeuble Palm Center, pour annoncer et inviter à la marche commémorative et contestataire du 4 août.
La rencontre avec le ministre de la Culture a porté sur les conséquences de la tragédie du port, sur le droit des familles des victimes à connaître la vérité et à voir les responsables de ce crime traduits en justice. La délégation a réitéré sa demande pour que les silos à grains du port de Beyrouth soient consacrés en mémorial, en tant que témoins de la catastrophe, indépendamment des décisions judiciaires à venir.
Le ministre Salamé a de son côté souligné qu’il suivait ce dossier depuis un certain temps avec l’ensemble des parties concernées, menant de nombreuses concertations avec des spécialistes et des experts en patrimoine culturel, afin d’étudier les rapports relatifs à l’état des silos. Il a exprimé l’espoir qu’une décision souhaitée sera prise avant le 4 août prochain, date du cinquième anniversaire de l’explosion.
La délégation des familles des victimes a également été reçue par le ministre de l’Information, Paul Morcos. Lors de cette rencontre, Cécile Roukoz, porte-parole de la délégation, a demandé le lancement d’une campagne médiatique nationale mobilisant l’ensemble des chaînes libanaises. Cette initiative vise à commémorer l’explosion du 4 août et à rendre hommage aux victimes de ce drame, a rapporté l’Agence nationale d’information (ANI). Elle a par ailleurs insisté sur « la nécessité impérieuse de rendre justice aux victimes et à leurs familles », appelant le gouvernement et les institutions à intensifier leur soutien à cette cause.
Le drame du port de Beyrouth, qui a coûté la vie à près de 250 personnes et détruit une partie importante de la capitale le 4 août 2020, sera commémoré le mois prochain. Les responsables de cette explosion, aggravée par la présence de nitrate d’ammonium stocké en grande quantité dans le port, n’ont toujours pas été jugés. Dernier développement en date : l’ancien procureur général près la Cour de cassation, le juge Ghassan Oueidate, ne s’est pas présenté lundi à la séance d’interrogatoire prévue devant le juge d’instruction près la Cour de justice Tarek Bitar, qui l’avait convoqué dans le cadre de son enquête.

