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Dernières Infos - Suède

Le jihadiste accusé du meurtre d'un pilote brûlé vif refuse de s'exprimer à son procès


Les accusés Salah abdeslam, Osama Krayem et Mohamed Abrini sont escortés par la police à leur arrivée au tribunal lors du procès des attaques terroristes de Bruxelles en 2016, au bâtiment Justitia à Bruxelles, le 3 avril 2023. Photo d'illustration AFP

Osama Krayem, jugé en Suède pour sa participation présumée à l'exécution par le groupe Etat islamique (EI) d'un pilote jordanien brûlé vif dans une cage en Syrie a refusé mercredi de répondre aux questions de l'accusation. La mort du pilote avait sidéré la Jordanie, qui participait aux frappes de la coalition internationale menée par les Etats-Unis contre les positions de l'EI en Syrie.

Ce procès, qui a débuté le 4 juin, est le premier et seul à juger un suspect de ce meurtre barbare qui avait provoqué un tollé international en 2015. Le 24 décembre 2014, un avion appartenant à l'armée de l'air jordanienne avait été abattu en Syrie, près de Raqqa, et le pilote capturé par l'EI le même jour. Dans une vidéo publiée le 3 février 2015 mettant en scène l'exécution, Muath al-Kasasbeh, le visage tuméfié et en uniforme orange, est placé dans une cage métallique. La cage est ensuite incendiée par l'un des treize combattants, entraînant la mort du pilote.

Le procureur Henrik Olin a demandé mercredi à Osama Krayem, vêtu d'une chemise bleu foncé, impassible, s'il entendait répondre à ses questions. « Pouvez-vous dire quelque chose sur votre situation actuelle ? Êtes-vous un musulman pratiquant ? Pouvez-vous dire quelque chose sur votre vision de l'État islamique ? », a lancé le procureur. « Le fait que vous ne répondiez plus du tout maintenant, a-t-il à voir avec un sentiment d'avoir été mal traité pendant cette enquête suédoise ? », a-t-il ajouté.

L'accusé, évitant le regard du procureur, s'est muré dans le silence. Une sélection d'interrogatoires versés au dossier d'instruction a commencé à être lus et diffusés pendant le procès.  Dans un premier interrogatoire du 8 février 2024, Krayem assure n'avoir passé que 15 à 20 minutes sur les lieux, sans savoir ce qui allait se passer, avant d'apercevoir les caméras. « J'étais terrifié, c'était la première fois que je voyais quelqu'un brûler », a-t-il dit alors. 

Osama Krayem a été condamné à 30 ans de prison pour les attentats de Paris en 2015 et à perpétuité en Belgique pour les attentats dans le principal aéroport de Bruxelles et dans le métro en 2016.


Famille ravagée

Plus tôt dans la matinée, Jawdat Alkasassbeh, partie civile et frère du pilote, a décrit les dégâts physiques et psychologiques de cette exécution pour sa famille, devant le tribunal de Stockholm. Quand il apprend que son frère a été capturé, par le biais d'une de ses relations au sein du ministère des Affaires étrangères de Jordanie, il se rend au siège des forces aériennes. 

« Là, je vois que le chef de l'armée de l'air et l'équipe opérationnelle ont une réunion à ce sujet (...) Il y avait de grands écrans qui montraient des images de la Syrie. Il m'a dit: +Je crois qu'il se trouve dans cette maison+ », raconte-t-il. « Psychologiquement, j'étais très mal à ce moment-là. J'ai alors dit au chef de l'armée de l'air que (...) je croyais qu'ils (les combattants de l'EI, ndlr) allaient le tuer d'une manière horrible. Je lui ai demandé s'il serait possible de bombarder la maison pour qu'il puisse échapper à une mort atroce », ajoute-t-il.

La famille al-Kasasbeh est décrite comme proche de la monarchie et constitue un pilier de l'armée jordanienne, selon le dossier d'instruction. Jawdat apprend la mort de son frère à la télévision.  « C'était un choc », a-t-il dit. « J'ai vu toute la vidéo, mais bout par bout, il m'a fallu jusqu'en 2021 pour la voir en entier ». Quand sa mère a appris l'exécution de Muath, « elle a dû être hospitalisée immédiatement ». 

La soeur aînée « a développé un diabète », le père « a contracté des maladies chroniques, une hypertension, il est en très mauvais état psychologiquement, il pleure encore régulièrement », a énuméré M. Alkasassbeh.


Osama Krayem, jugé en Suède pour sa participation présumée à l'exécution par le groupe Etat islamique (EI) d'un pilote jordanien brûlé vif dans une cage en Syrie a refusé mercredi de répondre aux questions de l'accusation. La mort du pilote avait sidéré la Jordanie, qui participait aux frappes de la coalition internationale menée par les Etats-Unis contre les positions de l'EI en Syrie.Ce procès, qui a débuté le 4 juin, est le premier et seul à juger un suspect de ce meurtre barbare qui avait provoqué un tollé international en 2015. Le 24 décembre 2014, un avion appartenant à l'armée de l'air jordanienne avait été abattu en Syrie, près de Raqqa, et le pilote capturé par l'EI le même jour. Dans une vidéo publiée le 3 février 2015 mettant en scène l'exécution, Muath...