Rechercher
Rechercher

Moyen-Orient - Entretien

« Tant que les chrétiens se poseront en victimes, rien ne changera » en Syrie, prévient le moine Jihad Youssef

Le père Jihad Youssef, supérieur du monastère Mar Moussa el-Habachi, lieu voué au dialogue islamo-chrétien en Syrie, se confie à « L’Orient-Le Jour ».

« Tant que les chrétiens se poseront en victimes, rien ne changera » en Syrie, prévient le moine Jihad Youssef

Le père Jihad Youssef, supérieur du monastère Mar Moussa el-Habachi (Saint-Moïse-l’Abyssin), l’un des plus anciens de Syrie, le 28 mai 2025, au sein du couvent. Photo Matthieu Karam/L'Orient-Le Jour

Il faut gravir 357 marches creusées dans la roche pour atteindre le monastère de Mar Moussa el-Habachi (Saint-Moïse-l’Abyssin), l’un des plus anciens de Syrie. Fondé au VIe siècle, il avait été restauré par le père jésuite italien Paolo Dall’Oglio, un opposant farouche au pouvoir de Bachar el-Assad qui en avait été expulsé en 2012. L'année suivante, le prêtre était revenu clandestinement dans les zones de l’opposition, avant de disparaître en juillet 2013 alors qu'il se rendait à Raqqa pour négocier la libération de militants enlevés par un groupe qui deviendrait plus tard l'organisation État islamique (EI). Le lieu, qui était devenu à partir des années 1990 un centre de dialogue islamo-chrétien à l'initiative du jésuite italien, survit aujourd'hui grâce à la volonté de quatre moines et de deux moniales, qui...
Il faut gravir 357 marches creusées dans la roche pour atteindre le monastère de Mar Moussa el-Habachi (Saint-Moïse-l’Abyssin), l’un des plus anciens de Syrie. Fondé au VIe siècle, il avait été restauré par le père jésuite italien Paolo Dall’Oglio, un opposant farouche au pouvoir de Bachar el-Assad qui en avait été expulsé en 2012. L'année suivante, le prêtre était revenu clandestinement dans les zones de l’opposition, avant de disparaître en juillet 2013 alors qu'il se rendait à Raqqa pour négocier la libération de militants enlevés par un groupe qui deviendrait plus tard l'organisation État islamique (EI). Le lieu, qui était devenu à partir des années 1990 un centre de dialogue islamo-chrétien à l'initiative du jésuite italien, survit aujourd'hui grâce à la volonté de quatre...
commentaires (3)

Je n'ai pas de commentaire en concernant l'actualité politique ou le vivre-ensemble en Syrie et au Liban, mais le saint Moïse dont on parle ici ("abba Moïse") était inconnu par moi, et c'est un saint de toutes les églises; ce saint 'Moïse le noir, ou Moïse l'éthiopien' est une figure de la non-violence, pourtant on écrit sur wikipedia "Il ne renonça pas toujours à la violence". Apparement plusieurs églises en Syrie, Liban, et surtout Egypte sont nommé d'après ce saint, qui me semble surtout un saint de l'église Copte egyptienne mais donc aussi de l'église syriaque, orthodoxe, et catholique.

Stes David

09 h 39, le 12 juin 2025

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (3)

  • Je n'ai pas de commentaire en concernant l'actualité politique ou le vivre-ensemble en Syrie et au Liban, mais le saint Moïse dont on parle ici ("abba Moïse") était inconnu par moi, et c'est un saint de toutes les églises; ce saint 'Moïse le noir, ou Moïse l'éthiopien' est une figure de la non-violence, pourtant on écrit sur wikipedia "Il ne renonça pas toujours à la violence". Apparement plusieurs églises en Syrie, Liban, et surtout Egypte sont nommé d'après ce saint, qui me semble surtout un saint de l'église Copte egyptienne mais donc aussi de l'église syriaque, orthodoxe, et catholique.

    Stes David

    09 h 39, le 12 juin 2025

  • Le père Jihad est un homme courageux et lumineux qui ne mâche pas ses mots, s'exprimant avec beaucoup de nuances sur la complexité de la situation et de la société syrienne. Et ce passé récent et ancien, infiniment douloureux, hantant les cœurs et les têtes...les Chretiens sont envoyés en mission, animés par la soif de rencontre, de justice, de vérité. Ils doivent jouer un rôle crucial dans ce nouveau départ que vit la Syrie.

    Axelle Motte

    11 h 37, le 11 juin 2025

  • Les Chrétiens doivent ils soutenir des erreurs, qu'elles soient marxistes, Islamistes, sionistes... Ou même démocratiques ? Nous devons les subir sans les soutenir, particulièrement pour les clercs. Ni Assad, ni Daesh, ni Al-Qaïda, ni même Macron qui inscrit l'avortement dans sa constitution républicaine qui est elle-meme une entreprise anti Christ et son Église. Les dix commandements sont violés. Contraints nous composons avec des politiques qui ont pour moteur la haine du Christ et de son Église, qu'ils soient religieux ou laïcs, croyants ou athées. Même si tous sont soumis à son temps

    Nicolas ZAHAR

    09 h 23, le 11 juin 2025

Retour en haut