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Dernières Infos - Gaza

Une délégation israélienne à Doha pour des négociations sur la trêve à Gaza


Des Palestiniens se rassemblent avec des pêcheurs au port de la ville de Gaza, le 9 mars 2025. Photo AFP/ BASHAR TALEB.

Une délégation israélienne est attendue lundi à Doha pour des négociations indirectes sur la poursuite du fragile cessez-le-feu dans la bande de Gaza avec le Hamas, après la coupure par Israël de l'approvisionnement en électricité pour faire pression sur le mouvement islamiste palestinien.

La délégation a quitté Israël en milieu d'après-midi, a indiqué à l'AFP un responsable proche des discussions.

Avant ces nouveaux pourparlers, Israël a débranché l'unique ligne électrique qui fonctionnait encore avec Gaza et alimentait la principale usine de dessalement d'eau du territoire à Deir el-Balah (centre). Au moins 600.000 personnes bénéficient de cette production d'eau potable, a dit à l'AFP Jonathan Crickx, porte-parole de l'Unicef dans les Territoires palestiniens.

Le Hamas, au pouvoir depuis 2007 à Gaza, a dénoncé un « chantage mesquin et inacceptable » qui menace également la vie des otages, et l'Autorité palestinienne a condamné une « escalade dans le génocide » de la population.

Puits contaminés 

Au moins 600.000 personnes bénéficient de cette production d'eau potable, a dit à l'AFP Jonathan Crickx, porte-parole de l'Unicef dans les Territoires palestiniens. L'usine va continuer à fonctionner avec des panneaux solaires et des générateurs mais sa production va être considérablement réduite. La population dépendra majoritairement de l'eau des puits, qui sont contaminés à cause d'une salinité très élevée, ou des livraisons d'eau par les ONG internationales, a souligné une autre source de l'ONU.


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Londres et Berlin ont appelé Israël, qui bloque déjà depuis le 2 mars l'entrée du carburant et de l'aide humanitaire dans Gaza, à « lever les restrictions ». Cette aide, vitale pour les quelque 2,4 millions de Gazaouis, « ne devrait jamais être subordonnée à un cessez-le-feu ou être utilisée comme un outil politique », a affirmé un porte-parole du Premier ministre britannique Keir Starmer.

« Sans électricité et avec le carburant bloqué, les dernières usines de dessalement d'eau, établissements de santé et boulangeries de Gaza risquent de fermer », a souligné un porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme. Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, s'est dit « très inquiet », selon son porte-parole. La coupure de l'approvisionnement « va considérablement réduire la disponibilité d'eau potable » à Gaza, a dit Stéphane Dujarric, estimant que le rétablissement de la ligne était « vital pour des dizaines de milliers de familles et d'enfants ».

Amnesty International a condamné une décision « cruelle et illégale », qui « viole le droit humanitaire international ». Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio a au contraire soutenu cette mesure prise par Israël « pour forcer le Hamas à prendre une décision ».

L'accord de trêve négocié par l'entremise des Etats-Unis, du Qatar et de l'Egypte, a abouti à un cessez-le-feu le 19 janvier après 15 mois d'une guerre dévastatrice à Gaza, déclenchée par l'attaque sans précédent du Hamas en Israël le 7 octobre 2023.

Divergences 

Durant la première phase de l'accord, qui a pris fin le 1er mars, le Hamas a rendu 33 otages israéliens, dont huit morts, et Israël a libéré environ 1.800 détenus palestiniens. La délégation israélienne à Doha est menée par un haut responsable du Shin Bet (sécurité intérieure) et le médiateur chargé des otages, Gal Hirsch. Selon l'armée, il reste 58 captifs à Gaza, dont 34 sont morts.

Les négociateurs du Hamas, conduits par Mohammed Darwish, sont eux arrivés dimanche dans la capitale qatarie. Le même jour, l'émissaire américain pour les otages retenus à Gaza, Adam Boehler, a évoqué un accord sur leur libération « dans les semaines à venir ».

Les désaccords portent sur la deuxième phase de l'accord qui prévoit, selon le Hamas, un cessez-le-feu permanent, le retrait complet israélien de Gaza et la libération des derniers otages. Israël, de son côté, souhaite une extension de la première phase du cessez-le-feu jusqu'à la mi-avril, et réclame, pour passer à la deuxième, la « démilitarisation totale » du territoire, le départ du Hamas et le retour des derniers otages. « Nous sommes prêts à commencer immédiatement les négociations » mais Israël « continue de revenir » sur l'accord de cessez-le-feu, a affirmé lundi le Hamas.

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Chaque camp accuse l'autre de violer la trêve. L'aviation israélienne a mené dimanche une frappe contre des combattants palestiniens qui, selon elle, « tentaient de cacher un engin explosif » dans le nord de Gaza, tuant un nombre indéterminé de « terroristes ». Le mouvement palestinien a lui dénoncé lundi le maintien de forces israéliennes dans le couloir de Philadelphie, une zone tampon le long de la frontière entre Gaza et l'Egypte, dont elle avait pris le contrôle au printemps 2024. Selon lui, l'accord prévoyait un retrait israélien « avant le 50e jour » de la trêve, qui tombait dimanche.

Le projet « prend forme » 

L'avenir de Gaza est un enjeu crucial dans les tractations. Début février, le président américain Donald Trump a suscité un tollé international en lançant l'idée d'une prise de contrôle du territoire par les Etats-Unis et de l'expulsion de ses habitants pour en faire la « Riviera du Moyen-Orient ».

Le projet de déplacement des Gazaouis « prend forme, il y a des actions en cours, en coordination avec l'administration » américaine, a affirmé dimanche le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, une figure de l'extrême droite.

L'attaque du 7 octobre 2023 a entraîné du côté israélien la mort de 1.218 personnes, la plupart des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des données officielles et incluant les otages morts ou tués en captivité. En riposte, Israël a juré d'anéantir le Hamas et lancé une offensive à Gaza qui a fait au moins 48.467 morts, majoritairement des civils, d'après les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l'ONU. 

Une délégation israélienne est attendue lundi à Doha pour des négociations indirectes sur la poursuite du fragile cessez-le-feu dans la bande de Gaza avec le Hamas, après la coupure par Israël de l'approvisionnement en électricité pour faire pression sur le mouvement islamiste palestinien. La délégation a quitté Israël en milieu d'après-midi, a indiqué à l'AFP un responsable proche des discussions.Avant ces nouveaux pourparlers, Israël a débranché l'unique ligne électrique qui fonctionnait encore avec Gaza et alimentait la principale usine de dessalement d'eau du territoire à Deir el-Balah (centre). Au moins 600.000 personnes bénéficient de cette production d'eau potable, a dit à l'AFP Jonathan Crickx, porte-parole de l'Unicef dans les Territoires palestiniens.Le Hamas, au pouvoir depuis 2007...