Une frappe israélienne a pris pour cible une voiture au Hermel, le 26 février 2025. Photo fournie par notre correspondante Sarah Abdallah.
Une frappe de drone israélien a ciblé, mercredi, une voiture sur la route de Hoch al-Sayyed Ali - al-Qasr, au nord de Hermel, visant, selon l'armée israélienne, un membre « important » du Hezbollah au Liban.
« Il y a peu de temps, (l'armée) a mené une frappe précise et basée sur le renseignement contre un terroriste important du Hezbollah, appartenant à l'unité 4400, dans la région de Qasr, au nord du Liban », a déclaré l'armée dans un communiqué.
Selon les informations de notre correspondante dans la Békaa, Sarah Abdallah, la frappe a fait deux morts, tandis que le ministère de la Santé fait état d'un mort et d'un blessé. Après la frappe, des drones de reconnaissance israéliens ont continué de survoler Hermel à basse altitude.
Le porte-parole arabophone de l'armée israélienne, Avichay Adraee, a précisé quelques heures plus tard que la cible de cette frappe était Maher Ali Nasreddine, un responsable de « l'unité 4400 » du Hezbollah. Cette unité serait chargée du « transfert d'armement et d'équipement de combat en provenance d'Iran, opérant à la frontière entre la Syrie et le Liban » et aurait « construit de nombreuses routes de contrebande », selon l'armée israélienne. « Maher Ali Nasreddine a joué un rôle important dans les opérations de transfert d’armes et a été personnellement impliqué dans la coopération avec les trafiquants », ajoute le communiqué.
« Une nouvelle réalité »
Le député de Baalbeck-Hermel, Ihab Hamadé, membre du Hezbollah, a vivement dénoncé cette nouvelle frappe israélienne qui a ciblé sa circonscription en indiquant qu'il s'agissait d'un « franchissement de toutes les lignes ». « La persistance de l'ennemi dans son agression contre tous les titres de souveraineté au Liban, dernièrement au Hermel, nous met tous face à une nouvelle réalité que l'ennemi tente d'imposer », a-t-il déclaré dans un communiqué.
De plus, M. Hamadé a dénoncé une « violation » de tout le territoire libanais. « L'ennemi vise les citoyens du Liban-Sud, de la Békaa, du Nord et de la capitale, au vu et au su de ceux qui tentent de nous convaincre de leur souci de souveraineté, alors que nous n'entendons pas de prise de position ou voyons de comportement à la hauteur de ce souci », a-t-il dit. Le parlementaire a également appelé l'État à prendre une position claire sur ces « agressions » et contre ses « commanditaires officiels », soulignant que « les plans de l'ennemi ne fonctionneront pas » et que le Liban ne sera protégé « que par sa force et non par sa faiblesse ».
Mercredi également, l'aviation israélienne a mené des raids aériens fictifs en volant à basse altitude au Liban-Sud.
Le Hezbollah et Israël s'accusent mutuellement de violer l'accord de trêve qui a mis fin à leur guerre. Le parti chiite a été considérablement affaibli lors de ce conflit, Israël ayant détruit une grande partie de son arsenal et tué nombre de ses dirigeants, le laissant isolé sur la scène politique libanaise. Après l'expiration de la date limite pour se retirer du sud du Liban, aux termes de l'accord de cessez-le-feu, Israël a maintenu sa présence dans plusieurs points dits «stratégiques» à la frontière, ce qui a été dénoncé par le Liban et le Hezbollah.
Un drone israélien a effectué mardi une frappe dans la région d'El-Aachra', au-dessus de Nabi Chit, dans le caza de Baalbeck, faisant au moins deux morts et trois blessés. L'armée israélienne a mené plusieurs frappes sur le Liban-Sud et la Békaa ces derniers jours, y compris dimanche, en marge des funérailles de l'ancien secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, tué dans un bombardement. Depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, le 27 novembre 2024, 93 personnes ont été tuées dans des tirs et frappes de l'armée israélienne au Liban, selon notre décompte. Six d'entre elles ont été tuées depuis la fin officielle de la période d'application des modalités de ce cessez-le-feu, le 18 février.


