La Suède souhaite augmenter les allocations versées aux migrants acceptant retourner dans leur pays d'origine. Photo AFP/Jonathan NACKSTRAND.
Le gouvernement suédois a dit mardi vouloir durcir l'obtention de la citoyenneté, s'appuyant sur les conclusions d'experts qui ont recommandé le même jour de la conditionner à une « conduite honorable » et à une durée de séjour plus longue.
Pour devenir suédois, un étranger devrait avoir vécu huit ans en Suède -- contre cinq ans actuellement --, passé un test de connaissances de la société et des valeurs suédoises et réussi un examen de langue, ont estimé ces experts, mandatés par le gouvernement de centre-droit d'Ulf Kristersson.
« La citoyenneté doit se mériter, elle ne doit pas être accordée sans condition », a commenté le ministre des Migrations Johan Forssell sur Instagram.
« Cela est particulièrement important à un moment où la Suède a accueilli des centaines de milliers de personnes provenant de nombreuses régions du monde ces dernières années », a-t-il ensuite dit lors d'une conférence de presse destinée à présenter les travaux de cette commission d'experts.
Après l'afflux massif de demandeurs d'asile en Suède lors de la crise migratoire de 2015, les gouvernements successifs de gauche et de droite ont renforcé les règles en matière d'asile.
Soutenu au Parlement par les Démocrates de Suède, parti d'extrême droite anti-immigration, le gouvernement actuel a introduit des restrictions de plus en plus sévères depuis son arrivée au pouvoir en 2022.
M. Forssell a jugé « crucial » d'être « toujours très clairs sur les valeurs qui doivent s'appliquer en Suède ».
« La famille est importante, mais elle ne passe pas avant la loi, l'égalité règne entre les sexes, on peut se marier avec qui on veut, les filles et les garçons ont le droit de se baigner et de jouer au football. Si on n'accepte pas cela, la Suède n'est pas le pays pour vous », a insisté le ministre des Migrations.
L'exigence d'une « conduite honorable » dans le pays devrait également être renforcée, selon la commission.
Concrètement, cela signifierait qu'une personne ayant commis un délit ou un crime ou étant endettée ne pourra pas obtenir la citoyenneté aussi facilement qu'aujourd'hui, a précisé sa présidente, Kirsi Laakso Utvik, devant la presse.
La Suède se considérait autrefois comme un refuge pour les personnes fuyant les guerres et les persécutions dans leurs pays, mais elle a peiné, au fil des ans, à intégrer un grand nombre des nouveaux arrivants.
« Les travaux universitaires montrent que des exigences plus strictes pour l'obtention de la citoyenneté n'augmentent pas les incitations à l'intégration, mais contribuent plutôt à l'exclusion », a écrit, dans un message à l'AFP, John Stauffer, responsable des affaires juridiques au sein de l'ONG Civil Rights Defenders.
Les conclusions de la commission seront désormais soumises à diverses instances (société civile, administrations...) avant que le gouvernement ne rédige formellement un projet de loi.
La commission propose une entrée en vigueur de la réforme au 1er juin 2026.


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