Robert Woodland, citoyen américano-russe, comparaît par liaison vidéo lors d'une audience en appel au tribunal de Moscou le 5 novembre 2024. Le 5 novembre 2024, un tribunal de Moscou a confirmé la condamnation à 12 ans et demi de prison de Robert Woodland, condamné en début d'année pour trafic de stupéfiants. Photo Alexander NEMENOV/AFP
Un tribunal de Moscou a confirmé mardi en appel la condamnation à douze ans et demi de prison d'un citoyen russo-américain, Robert Woodland, arrêté en janvier et poursuivi dans une affaire de drogue, en pleine tension entre la Russie et les Etats-Unis.
La juge Irina Khorlina a décidé de laisser « sans changement » sa condamnation en juillet à cette peine, qui sera effectuée dans une colonie à régime sévère, selon une journaliste de l'AFP présente à l'audience. Il a été reconnu coupable de « tentative de trafic de drogue à grande échelle », un crime passible de 20 ans de prison.
Selon l'accusation, avant son arrestation, il avait récupéré dans une cache située dans une zone boisée de Mytichtchi, près de Moscou, environ 47 grammes de méphédrone, une drogue de synthèse qu'il s'apprêtait à vendre. Son avocat Stanislav Kchevitski a indiqué aux journalistes présents que son client avait reconnu être « en possession de drogue » mais qu' »il nie la vente ». « C'est un toxicomane de longue date, il a volé de la drogue à un autre toxicomane et voulait la cacher dans un but de consommation personnelle », selon l'avocat.
C'est à ce moment-là qu'il a été arrêté, en janvier. « Il se trouvait alors sous l'emprise de drogue », a ajouté M. Kchevitski. « Le tribunal n'a pris en considération ni l'appel du procureur qui demandait de durcir la peine, ni nos observations sur les défauts du verdict, et l'a confirmé », a commenté un autre avocat de l'accusé, Alexeï Mirochnitchenko. « Son état n'a pas changé depuis le procès en première instance, il se sent plutôt bien, nous l'avons visité dans le centre de détention provisoire, il se trouve à Syzran (région de Samara, sur la Volga) », a précisé M. Kchevitski, ajoutant qu'il écrit des lettres à ses parents aux Etats-Unis. « Il lui est interdit d'écrire en anglais et il est obligé de demander de l'aide pour écrire en russe », selon M. Mirochnitchenko.
Âgé de 32 ans, Robert Woodland avait affirmé à la presse russe, quelques années avant l'affaire, être né dans la région russe de Perm (Oural) et avoir été adopté en 1993 par une famille américaine, avant de rentrer en 2020 en Russie. Ces dernières années, plusieurs citoyens américains ont été arrêtés et condamnés à de lourdes peines en Russie, Washington accusant bien souvent Moscou de procéder ainsi pour les échanger contre des Russes détenus aux Etats-Unis, en pleine confrontation autour du conflit en Ukraine.
En août, le reporter américain Evan Gershkovich, la journaliste russo-américaine Alsu Kurmasheva, l'ancien Marine Paul Whelan, tous détenus en Russie, avaient été libérés dans le cadre du plus grand accord d'échange de prisonniers entre Russes et Occidentaux depuis la fin de la Guerre froide.
En décembre 2022, la basketteuse américaine Brittney Griner, condamnée en Russie pour des accusations de trafic de cannabis, avait elle aussi été échangée contre Viktor Bout, un marchand d'armes russe prisonnier aux Etats-Unis.


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