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Moyen-Orient - Repère

Riposte israélienne contre l'Iran : ce qu'il faut savoir

Au moins deux soldats iraniens tués dans ces frappes « de précision » contre des cibles militaires ; l'Iran « est en droit et a l'obligation de se défendre » selon son ministère des AE.

Riposte israélienne contre l'Iran : ce qu'il faut savoir

Un avion de chasse israélien. Photo d'illustration AFP

Israël a annoncé avoir mené des « frappes de précision » sur des cibles militaires en Iran, en représailles aux attaques dont il a été l'objet. Les premières détonations ont retenti vers 02 h 15 locales (22 h 45 GMT vendredi), principalement à l'ouest de Téhéran, selon l'agence de presse officielle Irna.

L'Iran a affirmé que son système de défense aérienne a réussi à suivre et à contrer l'« agression » israélienne, bien que des dommages limités aient été causés à certains sites. Selon la défense aérienne iranienne,  Israël a attaqué plusieurs centres militaires dans les provinces de Téhéran, Khouzestan et Ilam. En matinée, l'agence iranienne Tasnim a indiqué que deux soldats iraniens ont été tués dans ces frappes.


Plusieurs vagues

La télévision d'État iranienne avait d'abord fait état d'au moins « six détonations » entendues près de Téhéran. Certaines explosions sont dues « à l'activité du système de défense aérienne », a-t-elle précisé, citant des sources sécuritaires. Un peu plus tard, quatre autres explosions ont été entendues dans l'est de Téhéran, ont rapporté les médias locaux, ajoutant que « la défense aérienne est toujours active » dans la capitale.

« Des responsables américains et israéliens ont déclaré que trois vagues de frappes ont eu lieu. La première vague s'est concentrée sur le système de défense aérienne iranien, tandis que les deuxième et troisième vagues ont ciblé des bases et des sites de production de missiles et de drones », a écrit le journaliste Barak Ravid, journaliste d'Axios sur X.  Un peu avant 6h, la radio publique israélienne a annoncé que l'opération contre l'Iran est terminée. La Jordanie et l'Arabie saoudite ont successivement assuré samedi que leurs espaces aériens respectifs n'avaient pas été utilisés lors des frappes aériennes israéliennes sur l'Iran.

Dans un article publié samedi, le New York Times a rapporté que pour « empêcher les interceptions par les alliés iraniens, les avions israéliens ont d’abord attaqué les batteries de défense aérienne et les radars en Syrie et en Irak ».

Focus

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Vingt sites

Selon le New York Times, l'armée israélienne a ciblé « environ 20 sites au cours de la nuit ». Un responsable israélien anonyme a affirmé à la chaîne américaine NBC qu’Israël « ne vise pas des infrastructures nucléaires ou pétrolières en Iran, mais se concentre plutôt sur des cibles militaires ». « Nous ciblons des éléments qui constituaient une menace pour nous par le passé ou qui pourraient le faire à l’avenir », a-t-il déclaré.

A la fin de l'attaque, l'armée israélienne a affirmé avoir ciblé « des objectifs militaires dans plusieurs régions d'Iran » et que tous ses « objectifs ont été atteints ».  Selon l'armée israélienne , « les avions et les drones de l'armée de l'air ont attaqué des sites de production de missiles que l'Iran avait lancés vers l'État d'Israël l'année dernière ». « Des systèmes de missiles sol-air et d'autres capacités aériennes de l'Iran, destinés à limiter la liberté d'action aérienne d'Israël en Iran, ont été attaqués », ajoute l'armée.

Citant l'agence de presse iranienne Sabreen, liée à la Force al-Qods des Gardiens de la révolution iranienne, le Haaretz a indiqué samedi soir que quatre personnes ont été tuées lors des frappes de représailles israéliennes à l'aube à Téhéran, dont deux militaires.


L'Iran prêt à répondre

L'Iran est prêt à répondre à toute « agression » israélienne, a déclaré l'agence de presse semi-officielle iranienne Tasnim, citant des sources. « Il ne fait aucun doute qu'Israël fera face à une réaction proportionnelle à toute action qu'il entreprend », ont ajouté les sources. 

Téhéran est « en droit et a l'obligation de se défendre contre des actes agressifs extérieurs », a déclaré son ministère des Affaires étrangères samedi. Qualifiant l'attaque israélienne de violation du droit international, le ministère a indiqué dans un communiqué que Téhéran « connaît ses responsabilités envers la paix et la sécurité régionales ».

Plus tard dans la journée, le ministre iranien des affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré que l'Iran n'avait aucune limite dans la défense de son intégrité territoriale, sleon une agence de presse liée au Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) citée par Reuters.

Le ministre israélien de la Sécurité intérieure et figure d'extrême droite, Itamar Ben Gvir, a déclaré sur X qu'Israël a une « obligation historique » de faire cesser la menace iranienne de détruire son pays.

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Condamnations du Golfe

Les pays du Golfe ont condamné samedi les frappes israéliennes sur des cibles militaires en Iran, mettant en garde contre toute extension du conflit dans la région, où Israël est en guerre contre le Hamas palestinien à Gaza et le Hezbollah au Liban.

« Le Royaume d'Arabie saoudite condamne » les frappes israéliennes en Iran et réitère sa « position ferme de rejet de l'escalade du conflit dans la région », qui « menace la sécurité et la stabilité des pays et des peuples » au Moyen-Orient, a indiqué le ministère des Affaires étrangères sur le réseau social X. Les

Émirats arabes unis ont eux aussi condamné les frappes israéliennes en Iran, se disant « profondément préoccupés par la poursuite de l'escalade et ses répercussions sur la sécurité et la stabilité régionales », dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères. Pour sa part, le sultanat d'Oman, qui entretient des relations étroites avec l'Iran, a lui aussi condamné l'attaque israélienne contre la République islamique, y voyant « une escalade qui alimente le cycle de violence et sape les efforts de désescalade ».

Le Qatar a, lui, dénoncé une « violation flagrante de la souveraineté de l'Iran », selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères, appelant « toutes les parties concernées à faire preuve de retenue et à résoudre leurs différends par le dialogue et des moyens pacifiques ».

Condamnant également les frappes israéliennes, le Koweït a estimé qu'elles reflétaient « la politique de chaos » menée par Israël qui « met en péril la sécurité de la région », selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

Bahreïn, qui a normalisé ses relations avec Israël en 2020, a également condamné l' »opération militaire » contre l'Iran, se disant « profondément préoccupé par l'escalade continue des tensions » dans la région. Dans une déclaration, le ministère bahreïni des Affaires étrangères a exhorté les deux parties à « faire preuve de retenue et à donner la priorité à la désescalade afin d'empêcher l'extension de la guerre ».


Liban et Hezbollah

Samedi après-midi, le Liban s’est joint aux condamnations. Le ministère libanais des Affaires étrangères a dénoncé des attaques qui « constituent une violation de la souveraineté de l’Iran et une menace grave pour la paix et la sécurité régionales et internationales », rapporte l’Agence nationale de l’information (ANI, officielle), citant le palais Bustros. Le ministère a appelé les institutions internationales compétentes, en particulier le Conseil de sécurité de l’ONU, à « assumer leurs responsabilités pour mettre fin à l’escalade militaire israélienne dans toute la région, y compris les agressions persistantes contre le Liban ».

Dans un communiqué publié en début de soirée, le Hezbollah a fini par « fermement condamner la perfide agression sioniste contre la République islamique d'Iran », la qualifiant de « dangereuse escalade régionale ». « Nous pensons que cette agression flagrante contre la souveraineté nationale de l'Iran, qui n'affectera jamais sa position ferme et claire et son soutien total, à différents niveaux, aux peuples palestinien et libanais », a ajouté le communiqué, dans lequel le Hezbollah salue aussi le « succès des forces armées iraniennes (...) qui ont réussi à contrer cette attaque. »

Le mouvement Amal, allié du Hezbollah, a également publié un communiqué condamnant l'agression israélienne contre l'Iran, la qualifiant « d'atteinte à la souveraineté nationale » de la République islamique par un « État terroriste sioniste qui enfreint toutes les lois et normes internationales ». Le mouvement a estimé dans son communiqué que cette nouvelle escalade israélienne constitue « une tentative désespérée d'enflammer la région ».

Autres réactions

En début de soirée samedi, le président américain Joe Biden a déclaré qu'il espérait que les frappes israéliennes contre l'Iran étaient terminées et qu'il semblait qu'Israël n'avait touché que des cibles militaires, selon Reuters.

De nombreux pays avaient alors déjà réagi. « L’Irak a déjà mis en garde contre les conséquences dangereuses résultant du silence de la communauté internationale face au comportement brutal » d’Israël envers les Palestiniens et ses attaques au Liban et en Syrie, « ainsi que la nouvelle agression contre l’Iran », a déploré  de son côté le porte-parole du gouvernement irakien, Basim Alawadi, accusant Israël de poursuivre « l’expansion du conflit dans la région » avec des « attaques perpétrées dans l’impunité ».

Exprimant sa « solidarité avec la République islamique », la Syrie a soutenu « le droit légitime de l’Iran à se défendre » contre « l’agression israélienne », qu’elle a condamnée dans un communiqué du ministère syrien des Affaires étrangères. La Jordanie a également « condamné » les frappes israéliennes et exprimé son « rejet absolu de l’escalade dangereuse dans la région et des violations du droit international ».

L’Égypte, pour sa part, a exprimé sa « profonde préoccupation » face à l’escalade au Moyen-Orient et « condamné toutes les mesures qui menacent la sécurité et la stabilité régionales », selon un communiqué de son ministère des Affaires étrangères, cité par Reuters.

Ailleurs dans le monde, la Russie a également donné de la voix. « Nous sommes profondément préoccupés par l’escalade explosive en cours entre Israël et la République islamique, qui fait peser de réelles menaces sur la stabilité et la sécurité de la région », a déclaré de son côté la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova. « Nous demandons à toutes les parties concernées de faire preuve de retenue », a-t-elle ajouté.

La Turquie a appelé à « mettre fin à la terreur créée par Israël dans la région » et « condamné » les frappes israéliennes. « Nous condamnons avec la plus grande fermeté l’attaque israélienne contre l’Iran. En commettant un génocide à Gaza, en se préparant à annexer la Cisjordanie et en tuant des civils chaque jour au Liban, Israël a amené notre région au bord d’une plus grande guerre », a déclaré le ministère turc des Affaires étrangères. Le Hamas a, pour sa part, condamné « avec la plus grande fermeté » les frappes israéliennes, les qualifiant de « violation flagrante de la souveraineté iranienne et d’escalade menaçant la sécurité de la région ».

De son côté, le ministère pakistanais des Affaires étrangères a publié une déclaration condamnant les frappes israéliennes en Iran, les qualifiant de « dangereuse escalade » menaçant la stabilité dans la région. En Afghanistan, les talibans ont dénoncé « une tentative d’aggraver la violence dans la région, compliquant davantage la situation ».

Au sein de l’Union européenne, la France a appelé les parties « à s’abstenir de toute escalade et action susceptibles d’aggraver le contexte d’extrême tension » au Moyen-Orient, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères. Le chancelier allemand Olaf Scholz a aussi mis en garde samedi Téhéran contre toute « escalade ». « Cela doit cesser maintenant. C’est alors que s’ouvrira la possibilité d’une évolution pacifique au Proche-Orient », a déclaré M. Scholz dans un message publié sur X. L'UE a, enfin, appelé dans un communiqué toutes les parties à faire preuve de « la plus grande retenue » pour éviter une « escalade incontrôlable » au Moyen-Orient.

Enfin, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres est « profondément inquiet de la poursuite de l'escalade au Moyen-Orient », après les frappes israéliennes en Iran, a déclaré samedi son porte-parole dans un communiqué. Les ministres des finances et les gouverneurs des banques centrales du G7 ont, eux, appelé dans un communiqué à une « cessation totale des hostilités (entre le Liban et Israël), conformément à la mise en œuvre intégrale de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies », selon le Haaretz.


L'Iran « ne doit pas répondre »

Le Premier ministre britannique Keir Starmer a déclaré que « l'Iran ne doit pas répondre » aux frappes israéliennes, lors d'une conférence de presse au sommet du Commonwealth à Apia aux Samoa. « Il est clair qu'Israël a le droit de se défendre contre l'agression iranienne, et il est tout aussi clair que nous devons éviter une nouvelle escalade régionale, et j'exhorte toutes les parties à faire preuve de retenue », a-t-il dit.

Le chancelier allemand Olaf Scholz a mis en garde Téhéran contre toute « escalade » après les frappes israéliennes. «Mon message à l'Iran est clair: il ne faut pas que les réactions massives d'escalade continuent. Cela doit cesser maintenant. C'est alors que s'ouvrira la possibilité d'une évolution pacifique au Proche-Orient», a-t-il écrit dans un message posté sur X.


Les États-Unis informés

Les frappes d'Israël sont considérées comme de « l'autodéfense », a affirmé la Maison Blanche. Les États-Unis ont été informés à l'avance par leur allié israélien de ces frappes, mais Washington n'est pas impliqué dans cette opération, a fait savoir un responsable de la défense américaine. Après le début de l'attaque, le secrétaire à la Défense, Lloyd Austin, a eu une brève conversation téléphonique avec le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant.


Contexte

L'Iran a lancé le 1er octobre quelque 200 missiles sur Israël, incluant pour la première fois plusieurs missiles hypersoniques.

Ces tirs ont été présentés par Téhéran comme des représailles à des frappes israéliennes au Liban, qui ont coûté fin septembre la vie à un général iranien et au chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah. Les responsables iraniens ont aussi justifié cette opération comme une réponse à l'assassinat sur leur territoire, imputé à Israël, de Ismaïl Haniyé, alors chef du Hamas.

Israël avait juré de faire payer à l'Iran cette attaque.

Les frappes surviennent dans un contexte de tensions régionales exacerbées depuis un an par la guerre à Gaza entre Israël et le Hamas, et son débordement au Liban voisin, où l'armée israélienne affronte le Hezbollah. Ces deux groupes s'opposent à Israël et sont appuyés financièrement et militairement par l'Iran, qui fait du soutien à la cause palestinienne un des piliers de sa politique étrangère depuis l'instauration de la République islamique en 1979.

Israël a annoncé avoir mené des « frappes de précision » sur des cibles militaires en Iran, en représailles aux attaques dont il a été l'objet. Les premières détonations ont retenti vers 02 h 15 locales (22 h 45 GMT vendredi), principalement à l'ouest de Téhéran, selon l'agence de presse officielle Irna.L'Iran a affirmé que son système de défense aérienne a réussi à suivre et à contrer l'« agression » israélienne, bien que des dommages limités aient été causés à certains sites. Selon la défense aérienne iranienne,  Israël a attaqué plusieurs centres militaires dans les provinces de Téhéran, Khouzestan et Ilam. En matinée, l'agence iranienne Tasnim a indiqué que deux soldats iraniens ont été tués dans ces frappes.Plusieurs vaguesLa télévision d'État iranienne avait d'abord fait état d'au...
commentaires (6)

Belle mise en scène … Kippas et mollahs mains dans la main…

AntoineK

23 h 52, le 26 octobre 2024

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Commentaires (6)

  • Belle mise en scène … Kippas et mollahs mains dans la main…

    AntoineK

    23 h 52, le 26 octobre 2024

  • Les mollahs et leurs affidés se sont toujours montrés très discrets au sujet de leurs pertes lorsqu’ils sont sévèrement punis. On a toujours appris leurs défaites tonitruantes par les autres pays. Ils continuent de fanfaronner alors qu’ils n’arrivent même pas à enterrer leurs morts.

    Sissi zayyat

    18 h 09, le 26 octobre 2024

  • JEU DE TENNIS A LA BALISTIQUE.

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    09 h 16, le 26 octobre 2024

  • C'est certains les barbus ne diront autre chose que "nous avons réussis à contrer et bla bla .... "

    Zeidan

    09 h 08, le 26 octobre 2024

  • C’est terrible de voir que leur allié americain leur passe toute l’agressivité dont ils font preuve dans toute la région

    TAMIN FAROUCK

    08 h 44, le 26 octobre 2024

  • Une mise en scene comme les autres....Un deal est en place.......

    Cadmos

    06 h 22, le 26 octobre 2024

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