Des secouristes de la Croix rouge libanaise sortant d'une ambulance la dépouille d'un journaliste tué dans une frappe israélienne au Liban-Sud, devant un hôpital de Beyrouth, le 25 octobre 2024. Photo Mohammad Yassine / L'Orient-Le Jour
La frappe israélienne dans laquelle trois journalistes sont morts vendredi matin dans le sud du Liban est « en cours d'analyse », a indiqué dans la soirée l'armée israélienne, accusée par les autorités libanaises d'avoir commis un « crime de guerre ».
L'armée israélienne « a mené une frappe contre une structure militaire du Hezbollah à Hasbaya dans le sud du Liban (et) alors que les terroristes se trouvaient à l'intérieur », a expliqué l'armée dans un communiqué. « Quelques heures après la frappe, des informations ont été reçues selon lesquelles des journalistes avaient été touchés lors de cette frappe. L'incident est en cours d'analyse », a ajouté l'armée.
La frappe, menée à 03h30 du matin, a visé Hasbaya, une localité située dans une région à majorité druze jusque-là épargnée. Les équipes de plusieurs médias s'y étaient installées il y a un mois pour couvrir la guerre entre le parti chiite et l'armée israélienne, qui a lancé le 30 septembre des opérations terrestres à l'intérieur du Liban. Elle a tué deux journalistes de la chaîne pro-iranienne Al Mayadeen et un de la chaîne du Hezbollah Al-Manar.
Selon le ministre de l'Information, Ziad Makari, 18 journalistes représentant sept médias étaient présents dans le complexe hôtelier composé de petits bungalows.
Le Premier ministre libanais sortant, Nagib Mikati, a dénoncé un « crime de guerre » et une attaque « délibérée » visant à « terroriser les médias pour dissimuler les crimes et les destructions ».
Plusieurs représentants des médias ont été tués ou blessés dans le sud du Liban depuis le 8 octobre 2023, quand le Hezbollah a commencé à tirer des roquettes sur le territoire israélien en soutien au Hamas palestinien. Le 13 octobre 2023, une frappe israélienne près de la frontière avec Israël a tué le vidéaste de l'agence Reuters, Issam Abdallah, et blessé six autres reporters: deux de Reuters, deux de la chaîne qatarie Al Jazeera et deux de l'Agence France-Presse (AFP), Dylan Collins et la photographe Christina Assi, amputée de la jambe droite. Des enquêtes indépendantes, dont l'un menée par l'AFP, ont conclu à l'utilisation d'un obus de char de 120 mm d'origine israélienne.


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