Michel Barnier donne sa première interview depuis son entrée en fonction au poste de Premier ministre français [Ludovic Marin/Pool/AFP].
Le chef du gouvernement français Michel Barnier a assuré vendredi que les discussions tenues au Conseil des ministres n'ont "pas vocation à être divulguées", après la diffusion de propos sur Israël d'Emmanuel Macron qui ont suscité une vive polémique avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu.
"Ce qui se dit au plus haut niveau de l'Etat, y compris au sein du Conseil des ministres (...) n'a pas à être divulgué sur la place publique", a affirmé M. Barnier lors d'un point presse à Menton, dans le sud de la France, en marge d'un déplacement à la frontière avec l'Italie consacré à l'immigration.
"C'est ma conception, en tant que Premier ministre, du fonctionnement du Conseil des ministres", a-t-il ajouté alors qu'il était interrogé sur la colère exprimée la veille par le chef de l'Etat.
Lors d'une conférence de presse jeudi soir à Bruxelles, Emmanuel Macron a dénoncé avec une rare virulence un "manque de professionnalisme" des ministres et des journalistes, leur reprochant d'avoir "déformé" et divulgué ses propos tenus à huis clos sur Israël lors du Conseil des ministres qui s'est tenu mardi.
Selon des participants, Emmanuel Macron avait estimé devant son gouvernement que M. Netanyahu ne "doit pas s'affranchir des décisions de l'ONU", et "ne pas oublier que son pays a été créé par une décision de l'ONU".
Une allusion au vote en novembre 1947 par l'Assemblée générale des Nations unies du plan de partage de la Palestine en un État juif et un État arabe.
Ces propos rapportés sur la création de l'Etat d'Israël avaient déclenché une importante polémique, avec un communiqué au vitriol de Benjamin Netanyahu, l'indignation des institutions juives de France et d'une partie de la classe politique.

