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Dernières Infos - Hongrie

L'ONG anti-corruption Transparency visée par une enquête


Le Premier ministre hongrois Viktor Orban au Palazzo Chigi, à Rome, le 24 juin 2024. REUTERS/Guglielmo Mangiapane/File Photo

L'ONG anti-corruption Transparency International et le site d'investigation Atlatszo ont annoncé mardi en Hongrie faire l'objet d'une enquête de l'autorité de surveillance récemment mise en place par le Premier ministre Viktor Orban pour prévenir « les interférences étrangères ».

Le bureau de protection de la souveraineté, opérationnel depuis février, suscite les inquiétudes de Washington et de l'UE, qui a lancé une procédure d'infraction, s'alarmant d'une nouvelle mise au pas des contre-pouvoirs dans le pays d'Europe centrale.

Dans un communiqué, Transparency International indique avoir reçu la semaine dernière « une notification formelle » de l'autorité au sujet d'une « investigation approfondie ».

L'organisation, accusée de « mener des activités financées par des subventions étrangères et de nature à influencer les décisions des électeurs », dispose de trente jours pour répondre à un total de 62 questions.

Cette enquête est « totalement infondée », a-t-elle réagi, estimant ne pas avoir été « ciblée par hasard »: ses travaux dénoncent régulièrement la corruption en Hongrie, qui figure au dernier rang de son classement portant sur les 27 pays de l'UE.

Selon Transparency, l'instauration de ce bureau vise à « intimider les citoyens et les organisations civiles critiques envers le gouvernement, sous le couvert de protection de la souveraineté nationale ».

Le média Atlatszo, connu pour ses enquêtes sur la corruption, a indiqué de son côté avoir reçu 11 questions. Il s'était alarmé il y a quelques mois de mesures sur la souveraineté « susceptibles de sévèrement restreindre la liberté de la presse et de rendre le travail de la presse indépendante difficile, voire impossible ».

Contactée par l'AFP, l'autorité s'est refusée à tout commentaire.

Elle a pour mission « d'enquêter » sur les « attaques illégales » menaçant la sécurité nationale - dont les activités d'organisations bénéficiant de financements étrangers.

Le gouvernement hongrois accuse régulièrement l'UE et « diverses organisations » étrangères, américaines notamment, de « distribuer des milliards d'euros » à l'opposition afin « d'influencer le choix des électeurs ».

Les investigations de l'autorité pourraient conduire à l'ouverture d'enquêtes judiciaires, avec à la clef d'éventuelles peines de prison.

Ses détracteurs dénoncent son pouvoir illimité et sans recours possible pour demander des données sensibles et des informations privées.

En avril, le bureau avait lancé une enquête contre Peter Magyar, un ex-haut fonctionnaire devenu le principal rival de Viktor Orban.

La Hongrie va prendre le 1er juillet la présidence du Conseil de l'Union européenne pour six mois, une perspective qui inquiète à Bruxelles, sur fond de contentieux à répétition et d'atteintes à l'Etat de droit.


L'ONG anti-corruption Transparency International et le site d'investigation Atlatszo ont annoncé mardi en Hongrie faire l'objet d'une enquête de l'autorité de surveillance récemment mise en place par le Premier ministre Viktor Orban pour prévenir « les interférences étrangères ».Le bureau de protection de la souveraineté, opérationnel depuis février, suscite les...