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Dernières Infos - Refus d'extradition

La Turquie dénonce une "mesure très négative" de la part de la Suède


La Turquie dénonce une

Le journaliste turc Bülent Kenes ayant fui en Suède et réclamé par Recep Tayyip Erdogan, à Stockholm, le 19 décembre 2022. Photo Fredrik Sandberg/TT News Agency/via REUTERS

Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu a dénoncé mardi une "mesure très négative" de la part de la Suède après le refus de sa Cour Suprême d'extrader le journaliste Bülent Kenes, réclamé par le président Recep Tayyip Erdogan.

Ankara a demandé un certain nombre d'expulsions d'opposants pour donner son feu vert à l'élargissement de l'Otan à la Suède et à la Finlande.

"Le rejet de notre demande d'extradition de Bülent Kenes est une mesure très négative. Les participants au pustch doivent être renvoyés en Turquie", a déclaré le ministre en référence à la tentative de coup d'état de juillet 2016. "Nous ne voulons plus entendre de paroles de la part de la Suède ou de la Finlande, ce que nous voulons ce sont des mesures concrètes", a martelé le ministre turc devant la presse. M. Cavusoglu a annoncé la visite jeudi à Ankara de son homologue suédois Tobias Billstrom.

La Suède a expulsé début décembre un membre du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), que la Turquie et ses alliés occidentaux considèrent comme un mouvement "terroriste". Une mesure qu'Ankara avait considéré comme un "début". "S'ils pensaient qu'après (cette expulsion) nous allions renoncer à nos demandes, ce n'était pas réaliste", a insisté mardi M. Cavusoglu.

Lundi, la Cour Suprême suédoise, chargée des recours contre les extraditions, a retenu "plusieurs obstacles" à la remise aux autorités turques de l'ex-rédacteur en chef de "Taoday Zaman", accusé par Ankara d'avoir été complice de la tentative de coup d'Etat de 2016 et d'être membre du mouvement güléniste.

L'éditorialiste avait quitté précipitamment la Turquie en 2016 quelques jours après un putsch raté qu'Ankara attribue au mouvement guléniste. "Je n'ai rien à voir avec le terrorisme, avec la violence, avec un coup d'Etat", a-t-il affirmé à l'AFP. "Je fais du journalisme et c'est pour ça qu'Erdogan ou son régime m'ont fait suivre, m'ont inculpé et m'ont poursuivi", a dénoncé l'ancien rédacteur en chef du quotidien Today's Zaman. Ses écrits déplaisent et les plaintes et procédures contre lui s'accumulent, au point qu'il avait déjà dû renoncer à son poste de rédacteur en chef fin 2015.

En Suède, il contribue au Stockholm Center for Freedom, une association fondée par d'autres opposants turcs en exil dont les noms se retrouvent sur les listes publiés par des médias turcs, Abdullah Bozkurt et Levent Kenez.

La Turquie et la Hongrie sont les deux seuls pays membres de l'OTAN à n'avoir pas ratifié l'entrée des deux pays nordiques au sein de l'Alliance atlantique.

Pour Bülent Kenes, Stockholm et Helsinki ont eu tort d'entamer des discussions directes avec la Turquie et auraient mieux fait de laisser les grandes puissances de l'Otan, Etats-Unis en tête, en première ligne. "C'était une grave erreur d'aller à la table des négociations avec un despote pour se protéger de l'agression d'un autre despote, en l'occurrence Vladimir Poutine", a-t-il jugé.

Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu a dénoncé mardi une "mesure très négative" de la part de la Suède après le refus de sa Cour Suprême d'extrader le journaliste Bülent Kenes, réclamé par le président Recep Tayyip Erdogan.Ankara a demandé un certain nombre d'expulsions d'opposants pour donner son feu vert à l'élargissement de l'Otan à la Suède et à la...