Le président français Emmanuel Macron lors d'une cérémonie de commémoration de l'armistice de 1918, à Paris, le 11 novembre 2022. Photo Teresa SUAREZ / POOL / AFP
Le président français Emmanuel Macron s'est déclaré lundi "favorable" à "une réaction diplomatique forte" face à l'Iran, qu'il a accusé de mener une "répression inédite" depuis le début de "la révolution" enclenchée il y a deux mois.
"Je suis favorable à ce que nous ayons une réaction diplomatique forte et des sanctions sur les personnalités du régime qui ont une responsabilité dans la répression de cette révolution", a déclaré le président dans un entretien réalisé vendredi à l'Elysée après sa rencontre avec quatre militantes iraniennes et diffusé sur la radio publique France Inter. "Nous n'écartons aucune option", a-t-il ajouté, en rappelant que le régime iranien était déjà soumis à de nombreuses sanctions.
Les ministres des Affaires étrangères de l'UE devaient discuter lundi à Bruxelles de nouvelles sanctions, avec l'ajout probable d'une trentaine de noms aux personnes ou entités déjà ciblées par l'UE. Bruxelles a imposé des sanctions mi-octobre contre la "police des moeurs" iranienne et 11 hauts fonctionnaires.
Emmanuel Macron entend parler "dans les semaines à venir" avec le président Ebrahim Raïssi, après une première rencontre fin septembre en marge de l'Assemblée générale de l'ONU à New York. "La diplomatie, c'est de parler avec des gens avec lesquels on n'est pas d'accord et d'essayer de faire oeuvre utile", a plaidé le président français, qui avait été critiqué par des opposants iraniens pour avoir rencontré Ebrahim Raïssi à New York. Il a en outre jugé que la perspective de relancer l'accord sur le nucléaire iranien était "très fragilisée par la situation intérieure en Iran". Faute de "nouvelles progressions" attendues, "il nous faut construire un nouveau cadre", selon lui.
Pour discuter des enjeux régionaux, Emmanuel Macron a dit espérer "réussir à tenir, en fin d'année, une conférence de Bagdad avec tous les pays voisins et une représentation de l'Iran", après la première rencontre qui s'était tenue en Irak en août 2021. Face aux quatre militantes iraniennes reçues vendredi à l'Elysée, le président leur a dit "notre admiration, notre respect et notre soutien, car leur combat est celui d'un universalisme de liberté auquel nous croyons".
L'Iran a fustigé dimanche cette rencontre et dénoncé "une violation flagrante des responsabilités internationales de la France". Une militante présente à l'Elysée, Roya Piraei, dont la mère a été tuée lors des manifestations, a dit son souhait de se rendre au Royaume-Uni, où vit sa soeur, même si Emmanuel Macron a indiqué que la France était prête à l'accueillir.


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